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Prise entre deux échéances électorales majeures, inaugurée au moment où le nouveau gouvernement français était annoncé, cette édition du festival de Cannes n’a pourtant pas été le lieu de fortes discussions politiques.

Contrairement à l’an dernier, où l’affaire DSK avait occupé les esprits, pour sa dimension morale et rocambolesque, mais aussi parce qu’elle bouleversait la donne des primaires socialistes.

Il y eut bien, en fin de festival, les agitations narcissiques de Bernard-Henri Lévy à travers ce qui s’appelle un film, le Serment de Tobrouk , mais on est là au rayon grand-guignol.

La politique n’a pourtant pas été absente, plus discrète, plus sournoise aussi. Deux cinéastes, et non des moindres, concourant dans la compétition, en ont été les protagonistes, plus exactement les victimes.

Abbas Kiarostami a été visé par une campagne de dénigrement très pernicieuse, provenant d’Iraniens ne donnant pas leur identité, notamment cachés derrière un site, artenexil.net (qui semble depuis avoir disparu de la Toile). Le lien fut envoyé à de nombreux journalistes. Sur ce site, le faux manifeste d’une prétendue lettre d’éloges à Ahmadinedjad signée Kiarostami.

Quant à Yousry Nasrallah, c’est le sujet même de son film, Après la bataille , qui l’a exposé. Celui-ci met en scène un homme du peuple, manipulé par les services du régime de Moubarak, qui a, sur la place Tahrir, chargé les jeunes révolutionnaires. L’armée encore aux commandes du pays n’a pas apprécié.

Le quotidien officiel Al-Ahram , par l’intermédiaire de son « correspondant » à Cannes, n’a pas tardé à accuser le coproducteur français d’être « un sioniste » , livrant de surcroît une « information », démentie par le distributeur international du film, MK2, selon laquelle Israël aurait acheté les droits.

Bassesses et mensonges : la politique était présente à Cannes.


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