Les 3 commandements de Mélenchon

Vendredi, dans un dernier meeting de campagne, le Front de gauche appelait à l’unisson à voter pour le candidat socialiste. Un « devoir »… et une première étape.

Pauline Graulle  • 4 mai 2012
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Les 3 commandements de Mélenchon
© Photos : Michel Soudais

La boucle est bouclée. Place Stalingrad, à Paris, sur cette même place, « celle des martyrs de Stalingrad » , où il avait donné, le 29 juin dernier, le coup d’envoi de sa campagne, Jean-Luc Mélenchon, accompagné par l’ensemble des autres dirigeants du mouvement, a prononcé son dernier discours de campagne. Un discours grave et court (trente minutes), pour appeler à voter « Hollande » – dont Mélenchon a prononcé plusieurs fois le nom, contrairement au soir du premier tour où il ne l’avait pas cité. Mais aussi, pour demander à ses sympathisants de rester mobilisés en vue des élections législatives et de la mandature à venir.

1) Virer Sarko
A trois jours du second tour qui oppose Nicolas Sarkozy à François Hollande, ce meeting en plein air (et sous la pluie) avait des airs de feuille de route. Qui commence par un préalable : « Se débarrasser du président des riches » , a déclaré Christian Picquet. Dimanche, « nous voterons sans aucun état d’âme pour François Hollande » , a ajouté Clémentine Autain, de la Fase. Même discours résolu de la co-présidente du Parti de gauche, Martine Billard, qui a fait allusion aux « affaires » qui entachent encore davantage la fin du quinquennat de Sarkozy. « Ce n’est pas une victoire étriquée dont nous avons besoin, mais d’une victoire massive pour écraser Sarkozy » , et ainsi, les idées de haine portées par la droite UMP, a insisté Pierre Laurent le patron du PCF : « Le sarkozysme, c’est la trahison de la France, la France que nous aimons » .

Comme à son habitude, Mélenchon s’est montré pédagogue : « C’est un acte de très grande signification humaine et politique que de préparer son vote. C’est pourquoi il est si important de réfléchir avec soin » , a expliqué celui qui n’a eu de cesse de répéter le mot « devoir » tout au long de son discours. « Le vote n’est pas un chèque en blanc, mais un élan pour se projeter dans l’avenir » . Manière de dire que mettre un bulletin « Hollande » dans l’urne n’est pas qu’un vote de résignation… « Je m’adresse à vous avec les mêmes mots, les mêmes objectifs inchangés du premier jour. Nous ne demandons la permission d’aucun accord ni arrangement, pour pouvoir accomplir notre objectif qui commence, de toute façon, par casser le pouvoir de la droite » .
La foule (12 000 personnes annoncées, soit presque deux fois plus qu’en juin alors que la place ne semblait pas plus pleine) a bien compris le message, qui scandait aussi bien les traditionnels « ré-sis-tance ! » que « Virer Sarko » .

Illustration - Les 3 commandements de Mélenchon

2) Voter Front de gauche aux législatives
« Dans la foulée de notre formidable mobilisation présidentielle, nous attend la bataille décisive, celle des élections législatives » , a rappelé Pierre Laurent qui souhaite créer un groupe Front de Gauche à l’Assemblée nationale. « Ceux qui souffrent et luttent dans ce pays, ils ont le droit d’être représentés à l’Assemblée par [des députés] t êtus comme des mules » , a lancé Mélenchon, qui a rappelé l’erreur du « vote utile » qui a conduit, selon lui, à faire de Marine Le Pen la troisième femme au premier tour. Pour la première fois, le député européen a évoqué publiquement la possibilité de se présenter aux législatives de juin, soit dans la capitale (où il viserait la 6e circonscription, celle attribuée par le PS à Cécile Duflot), soit dans la cité phocéenne, sa ville de cœur : « J’irai où le devoir commande. Ce sera Paris ou Marseille. Je ne serai pas soucieux du résultat, je serai soucieux du combat. »

3) Continuer le combat
Hollande est élu, le travail commencera. C’est un « bras de fer » qui s’annonce, quand nous aurons dégagé Sarkozy, a insisté Pierre Laurent : « Nous serons alors la force pour casser les dogmes de l’austérité […], la garantie de l’ancrage à gauche. Ensemble, prolongeons la victoire dans une politique de gauche audacieuse » . Et ce, dès le 7 mai, a insisté Jean-Luc Mélenchon, faisant référence à une potentielle attaque sans précédent de la finance contre la France au lendemain du second tour : « La bataille va commencer lundi au matin. [Il y a] deux voies possibles : capituler ou résister. Et pour résister, nous sommes là » .
Bataille contre la finance, mais aussi pour donner le ton dans toute l’Europe : alors que les Allemands voteront en 2013 et que « les camarades grecs » votent également dimanche, « nous sommes appelés à la rescousse par les peuples d’Europe, et nous ferons notre devoir » , a martelé Mélenchon qui continue d’y croire : « J’ai dit et j’affirme que le Front de gauche sera au pouvoir avant 10 ans » .

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