Brésil : un requin de l’acier en eaux troubles
Près de Rio, un complexe sidérurgique germano-brésilien détruit l’écosystème et l’économie de la pêche, montrant, estiment ses opposants, le vrai visage du « développement durable ».
dans l’hebdo N° 1209 Acheter ce numéro
Au ras de l’eau, un trait lourd a remplacé la ligne d’horizon. Les petites coques de pêche convergent lentement vers l’obstacle. C’est une monstrueuse jetée qui coupe en deux sur près de quatre kilomètres la baie de Sepetiba, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Rio de Janeiro. Cette piste conduit les camions de l’entreprise ThyssenKrupp Companhia Siderúrgica do Atlântico (TKCSA) jusqu’à un terminal de chargement où de gigantesques grues tranfèrent des cargaisons de feuilles d’acier sur des navires, destinées à l’exportation. On est dimanche, le quai est silencieux. « Non pas en raison du repos dominical, mais de Rio+20, avance Miguel Sá, chargé du programme éco-développement à l’institut Politiques alternatives pour le Cône Sud (Pacs) ^2, à Rio. L’entreprise n’a pas voulu faire de vagues pendant le sommet dit “du développement durable”. » Quelques hommes observent le manège des cinq bateaux autour de l’installation. TKCSA est dans le collimateur des mouvements sociaux et des associations écologistes depuis sa construction, en 2005, et depuis son entrée en service en 2010. D’énormes hauts-fourneaux se découpent dans le lointain. TKCSA, 5 millions de tonnes de feuilles d’acier par an, vise un doublement de la
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