Cherbourg-Octeville dévoile ses toiles dans la rue

L’habillage de la ville de Basse-Normandie par certains des plus beaux tableaux de son musée est saisissant. Une expérience inédite en France.

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Admirer des tableaux de maître en pleine rue. L’amateur d’art en a rêvé, la mairie de Cherbourg-Octeville l’a fait. En travaux depuis le mois de mars, le musée Thomas-Henry se trouvait confronté à un problème de taille : comment continuer à offrir un accès à ses œuvres alors que la structure qui les abrite est fermée au public ? La réponse a été trouvée par Louise Le Gall, la conservatrice du patrimoine qui dirige les trois musées de la ville. S’inspirant de ce qu’avait fait la National Gallery de Londres en 2007, la jeune femme a eu l’idée d’exposer les collections à même les murs de la commune. 

Trente et une toiles ont été reproduites avec un encadrement en résine et des tirages en haute définition, permis par la numérisation d’une partie du fonds, pour offrir des conditions de visibilité proches de celles d’un musée. Tous les tableaux sont issus de la donation du critique d’art qui a donné son nom au musée. Les artistes du cru, comme Guillaume Fouace ou Jean-François Millet, y côtoient d’autres grands noms de la peinture, ainsi Jacques-Louis David et Fra Angelico. Ce dernier, qui a signé aux alentours de 1430 la Conversion de saint Augustin , trouve ainsi parfaitement sa place dans la petite cour Marie. 

Illustration - Cherbourg-Octeville dévoile ses toiles dans la rue

«Toucher tout le monde »

« Rendre accessibles les œuvres au plus grand nombre » , c’est l’objectif affiché par Lydia Thieulent, maire-adjointe à la Culture de Cherbourg-Octeville.  « Mettre les toiles dans la rue représente la certitude de toucher tout le monde. » L’événement, dont le coût s’élève à 70 000 euros, bénéficie de plusieurs subventions, notamment de la Direction régionale des affaires culturelles et de mécènes privés. 

Cette première en France suscite des réactions enthousiastes auprès des Cherbourgeois et dans le milieu de l’art. Lancée samedi 23 juin, elle se poursuivra jusqu’à la fin de l’été. De quoi attirer aussi les touristes, qui pourront profiter de circuits mis en place pour l’occasion. Et découvrir, au détour d’une ruelle, un peu de la magie du troisième art. 

Mis à l’abri, les originaux n’attendront pas longtemps avant de sortir de leur tanière. Quarante-cinq d’entre eux vont être prêtés au musée Eugène-Boudin d’Honfleur pour être exposés dès le mois de juillet. En octobre, Le Havre accueillera à son tour une quarantaine de paysages. Une manière pour la ville de Cherbourg-Octeville de faire vivre ses collections jusqu’à sa réouverture fin 2014.


Photo : ville de Cherbourg-Octeville

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