Marie-Odile Bertella-Geffroy : « La justice est parfois injuste »
La magistrate Marie-Odile Bertella-Geffroy analyse les relations entre justice et opinion publique.
dans l’hebdo N° 1206 Acheter ce numéro
Après avoir porté l’affaire du sang contaminé, Marie-Odile Bertella-Geffroy poursuit depuis plusieurs années l’instruction de nombreux dossiers de santé publique, dont ceux de l’amiante et de la vache folle. La magistrate déplore des dysfonctionnements dans le système judiciaire et appelle à plus d’indépendance de la justice.
Dans quelle mesure la justice prend-elle en compte l’indignation de l’opinion publique ?
Marie-Odile Bertella-Geffroy : La justice ne la prend que très rarement en compte. Je donnerai pour exemple l’indignation, filmée par la télévision, des mères d’hémophiles et des transfusés à la sortie de la Cour de cassation quand il y a eu confirmation du non-lieu dans l’affaire du sang contaminé, en juillet 2002, et celle de la presse les jours suivants. La justice était passée, point. En principe, la justice française n’agit pas en fonction de l’opinion. Contrairement à l’Italie, les qualifications juridiques pour les dossiers de santé publique ne se sont pas adaptées, surtout dans les différentes nuances de l’intention des délits d’imprudence ni dans l’aspect collectif de ces affaires, alors que la justice pénale a un champ d’action qui se situe dans la responsabilité individuelle. De plus, le parquet français, qui représente pourtant la
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