Tunisie : Ennahda sauve sa cohésion
Pour son premier congrès depuis qu’il est au pouvoir, le parti islamiste conduit par Rached Ghannouchi a réussi à faire cohabiter plusieurs générations de militants et ses nombreuses sensibilités.
dans l’hebdo N° 1212 Acheter ce numéro
Tous les regards étaient tournés, ces jours-ci en Tunisie, vers le premier congrès d’Ennahda de l’ère post-dictature. À l’issue d’un marathon de quatre jours, les 1 103 congressistes ont reconduit lundi soir Rached Ghannouchi à la tête du parti, avec une majorité confortable de 73 % des voix, et approuvé un projet alignant des bonnes intentions convenues : justice sociale et développement durable, notamment.
Mais derrière cet apparent statu quo, le mouvement islamiste, contraint à la clandestinité par la répression dont il a été l’objet dès les années 1980 sous Bourguiba, puis sous Ben Ali, a entamé, dans la douleur, l’accouchement de sa nouvelle identité. La plupart des huit congrès précédents n’avaient réuni que quelques centaines de personnes, en exil à