« Un mystère philosophique »

Ils ont survécu en Europe en dépit de leur faible nombre et de la stigmatisation. Selon Jean-Pierre Dacheux, les Roms interpellent la démocratie du Vieux Continent.

Laurène Perrussel-Morin  • 5 juillet 2012 abonné·es

« Uni dans la diversité », le peuple rom existe dans de multiples variantes en Europe. Jean-Pierre Dacheux, qui est membre de la Ligue des droits de l’homme et du collectif national Romeurope, rend compte de la singularité des Roms. 



Pensez-vous que les gadjé ont pu participer à la construction d’une identité nationale rom par une folklorisation de la culture tsigane ?


Jean-Pierre Dacheux : Les Tsiganes ne peuvent pas vivre avec les gadjé et ne peuvent pas vivre sans eux. Autrement dit, il y a des liens obligés, notamment d’ordre économique et conflictuel. Si vous demandez à un Manouche ce que c’est qu’être un Tsigane, il vous répondra que c’est ne pas être un gadjo. Le gadjo, c’est celui qui est attaché à sa terre.


Peut-on parler de sédentarisation forcée ?


Celui qui est sédentaire peut rester culturellement voyageur. Il aura de la mobilité une autre vision que nous, à l’instar des Marrons, qui, du temps de l’esclavage, étaient toujours prêts à fuir. Je connais un Manouche qui dort dans sa

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Temps de lecture : 5 minutes