Vincent Peillon : «Offrir les mêmes chances à tous»
Le ministre de l’Éducation expose ici sa conception de l’école républicaine et détaille les chantiers prioritaires de son ministère.
dans l’hebdo N° 1216 Acheter ce numéro
Même si les mesures prises par le gouvernement seront fatalement orientées par la politique budgétaire, Vincent Peillon entend développer sa conception globale de l’école. Et revient sur les idées et les valeurs qui l’animent à la tête du ministère de l’Éducation nationale.
Qu’entendez-vous par « refondation républicaine de l’école » et « refondation de la République par l’école » ?
Refonder l’école de la République et refonder la République par l’école, c’est un seul et même mouvement. Pourquoi ? Parce que, dans notre histoire, c’est en effet à l’école qu’il est revenu d’établir la République, selon l’idée – celle de Ferry, mais aussi de Victor Hugo, d’Edgar Quinet, de Michelet et de Condorcet – que pour faire la République il faut des républicains, des femmes et des hommes libres, égaux, fraternels, ce qui suppose l’instruction et la justice. La République, c’est le règne de la raison. Et la capacité de raisonner, de critiquer, de douter s’acquiert d’abord à l’école.
À propos de Ferdinand Buisson, vous avez parlé de « religion républicaine ». Défendez-vous toujours cette expression et ne craignez-vous pas qu’elle produise une sorte de dogmatisme républicain ?
Cette question appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, comme vous l’indiquez, j’ai employé cette expression à propos de Ferdinand Buisson, père fondateur de la laïcité, philosophe, républicain, socialiste et pédagogue. Buisson est mort en 1932, il y a quatre-vingts ans. Retracer son histoire, c’est faire une histoire des idées. Que ces idées soient constitutives de notre identité républicaine n’implique pas – au contraire ! – qu’elles soient immuables. Elles s’inscrivent dans un contexte et des combats, dans une vision de l’avenir aussi. Elles ont évolué, se sont adaptées et doivent continuer à le faire sous peine de faner et de mourir. Autrement dit, s’inscrire dans une tradition, ce n’est pas répéter, c’est s’inspirer et poursuivre. C’est comprendre ce qu’il y a d’universel et d’intemporel dans une idée, une foi, une œuvre pour les
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