Copropriétés en faillite
Alors que Cécile Duflot fait du logement social son cheval de bataille, l’habitat précaire continue de s’étendre au sein des copropriétés privées. Exemples à Grigny 2 et à Clichy-sous-Bois.
dans l’hebdo N° 1220 Acheter ce numéro
La porte est grande ouverte. Le vent s’engouffre dans l’entrée pour venir mourir dans la cage d’escalier. Au pied des tours du square Surcouf, dans le quartier Grigny 2 (Essonne), les interphones ne servent plus à rien. Les couloirs jaunis par la lumière des ampoules en fin de vie sont accessibles à tous. Un des deux ascenseurs ne fonctionne pas et il faut descendre dans le local à poubelles pour prendre celui qui a le mieux résisté à l’usure du temps.
Grigny 2 est la deuxième plus grande copropriété de France : 105 immeubles, 5 000 logements, dans lesquels vivent 17 000 personnes. Et pour gérer tout ça, 29 syndicats de copropriétaires. Depuis les années 1970, le manque d’entretien des bâtiments et l’absence d’isolation phonique et thermique ont chassé les classes moyennes, remplacées par des occupants aux revenus modestes. Les travaux sont beaucoup trop chers pour être réalisés à leurs frais. Les charges augmentent et peuvent atteindre jusqu’à 1 200 euros