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« Le baiser de Marseille » : pourquoi tant de buzz ?

Deux jeunes et belles filles qui s’embrassent devant des vieilles réacs outrées. Pourquoi la « rebelle attitude » bien sage fait un carton...

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Du Monde.fr au site Huffington Post, elle fait le tour du Web et des réseaux sociaux depuis hier. De tweets en retweets, et de partages en bouche-à-oreille, elle a même gagné un titre - et donc, ses lettres de noblesse... Que représente « Le baiser de Marseille » ? Deux jolies jeunes filles aux cheveux longs qui se donnent un gentil baiser - plutôt « smack » correct que galoche enfiévrée. Et, en arrière-plan, une ribambelle de veilles femmes floue, mais dont on aperçoit les visages outrés...

« Le baiser de Marseille » - Gérard Julien / AFP

Ces deux « héroïnes » qui prennent la pause pour l’occasion - une manif anti mariage gay à dans la Cité phocéenne -, avoueront bien vite qu’elles ne sont pas homosexuelles. Mais qu’importe si l’image ment, tant que l’image d’Épinal demeure...

Cette image renvoie ainsi, bien sûr, à d’autres images. À d’autres baisers immortalisés. En premier lieu, et toute proportion gardée (la photo prise par l’AFP n’offre aucune dimension artistique), au célèbre Baiser de l’Hôtel de Ville. Une photo dont on apprendra d’ailleurs, avec la même déception, que derrière l’apparente spontanéité de la scène, Doisneau avait fait poser les deux amants... 

« Baiser de l’Hôtel de Ville » - Robert Doisneau

Sans, bien sûr, comparer le chef-d’oeuvre de Doisneau avec le joli Baiser de Marseille, on peut s’interroger sur la dimension « iconique » d’une image, qui se révèle en réalité... tout à fait peu spectaculaire !  

La transgression mise en scène apparaît ainsi bien pauvre. L’homosexualité est largement rentrée dans les moeurs, et la société française est, dans son ensemble, plutôt favorable à l’union homosexuelle... Rien de bien débauché, donc, dans ce baiser. Quant au contexte immédiat, le « public » composé des membres de l’Alliance Vita, on imagine mal ces femmes bourgeoises d’un certain âge s’armer de fourches pour dégager les deux indociles. Le danger de l’acte était donc quasi nul... 

Au final, cette image se veut l’étendard d’une rébellion qui n’a plus rien de bien rebelle. Après Mai 68, quoi de plus conventionnel de mettre en scène la beauté et la fraîcheur de la jeunesse versus le conservatisme d’une vieillesse bourgeoise ? Rien de nouveau, ni de subversif, sous le soleil.

Voilà sans doute la raison du succès du Baiser de Marseille, une image finalement attendue : donner l’apparence de la contestation tout en étant totalement conformiste. Si cette image est un symbole, c’est donc bien d’une société étrangement chaste et policée.

À côté, les anti-Notre-Dame-des-Landes, qui ont commencé une guerre de tranchées avec les CRS dans le bocage breton, auraient presque l’air de dangereux terroristes... Fort à parier que les images de leur mouvement ne feront, elles, pas le tour de la Toile... 

Notre-Dame-des-Landes, 17 octobre 2012 - Jean-Sebastien Evrard / AFP


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