Un Nobel suspecté

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Le prix Nobel décerné à l’écrivain chinois Mo Yan, le 11 octobre, ne cesse de déclencher des polémiques. Dans un premier temps, il lui a été reproché d’être complaisant avec le régime de Pékin. Le dissident chinois Wei Jingsheng, considéré comme le « père » du mouvement pro-démocratique chinois et réfugié aux États-Unis, a critiqué l’attribution du Nobel à Mo Yan à cause de son manque de soutien aux auteurs dissidents. Mo Yan s’est défendu par ces mots : « J’écris dans une Chine dirigée par le Parti communiste. Mes travaux depuis les années   1980 montrent clairement que j’écris depuis une perspective qui est celle de l’être humain. » La question est épineuse si l’on veut bien se souvenir des accusations – sans fondement – qui se portèrent sur Christa Wolf au lendemain de la chute du Mur. En outre, Mo Yan a profité de son Nobel pour réclamer la libération de son compatriote Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010. Dernier remous en date : la télévision suédoise vient de révéler qu’un membre de l’Académie a joué un rôle influent dans l’attribution du Nobel à Mo Yan. Problème, il s’agit du traducteur en suédois de l’écrivain chinois, qui devrait en retirer un certain profit. Les règles de l’Académie veulent pourtant que la délibération soit interdite à tout membre en situation de « conflit d’intérêt ». Même chez les Nobel, tout fout le camp ?


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