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Le DVD, on le sait, a changé la façon de regarder les films. Une fois vus, on se les raconte sans doute moins qu’on ne le faisait auparavant. L’exercice de mémoire était prépondérant et, quand celle-ci vacillait, l’imagination prenait le pas, réinventant des scènes, voire des séquences entières. Aujourd’hui, avec les DVD ou la VOD, les films sont à portée d’ordinateur, qu’on peut regarder quand et comme on veut, avec arrêts sur image, retour en arrière, revisionnage immédiat…

Je viens ainsi de revoir ### Holy Motors, de Leos Carax , dont l’édition DVD sort ces jours-ci chez Potemkine. Sans aucun doute l’un des deux ou trois films de cette année 2012 qui m’auront fait la plus forte impression. Je l’ai découvert à Cannes, où, réveillant de très anciennes sensations de spectateur, il m’a émerveillé. Puis, je l’ai revu à sa sortie début juillet, le film prenant encore davantage de densité. Enfin, il y a cette sortie DVD.

Les compléments produisent un autre phénomène : on pénètre dans l’envers du décor, la désacralisation est totale. Avec un making-off où intervient notamment la chef-opératrice, Caroline Champetier, nombre de « secrets » de fabrication sont dévoilés. Un entretien avec Denis Lavant et une conférence de presse de Leos Carax au Festival de Locarno (une des rares fois où le cinéaste a accepté de parler publiquement) permettent d’approcher au plus près leurs préoccupations.

Cependant, la force d’ Holy Motors, sa magie et sa poésie demeurent. Le DVD est aussi l’occasion, dans nos vies où tout se bouscule, où les films se succèdent dans un flot continu, de marquer un arrêt, de revenir vers une œuvre qui appartient déjà au passé, de creuser en soi pour retrouver la vision qu’on en a eu. Et finalement de renouveler le dialogue avec elle. Le DVD n’est peut-être pas bon pour la mémoire, mais il lutte contre l’oubli.


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