Après Sangatte, l’errance continue

Le centre d’accueil de la région calaisienne a été fermé il y a juste dix ans, mais les migrants n’ont pas disparu. Des associations assurent leur survie sur toute la côte du Nord-Pas-de-Calais.

Clémence Glon  • 15 novembre 2012 abonné·es

Sous ses airs de station balnéaire endormie, la petite ville de Sangatte ne laisse en rien deviner qu’elle a été une escale de l’eldorado supposé des migrants du Sud vers le Nord. Pendant plus de trois ans, le hangar où ont été construits les arcs-boutants du tunnel sous la Manche – propriété de l’État – a pourtant abrité le centre de soins destiné aux migrants espérant rejoindre la côte anglaise. En septembre 1999, sous la houlette de la Croix-Rouge, des mobile homes posés sur des parpaings investissent les 25 000 m2 couverts d’une charpente métallique. Des infrastructures rudimentaires qui auraient vu passer près de 67 000 étrangers. La capacité d’accueil maximum est de 800 personnes, et les lits viennent rapidement à manquer.

Lors de sa fermeture effective, le 16 décembre 2002, le centre de Sangatte comptait 1 600 migrants. Mais selon Guy Allemand, le maire de la commune (sans étiquette), le nombre de 2 000 personnes a été largement dépassé durant les derniers mois. « Au regard des 900 habitants de Sangatte, cette disproportion semblait apocalyptique », explique-t-il. À l’intérieur du centre aussi, la fermeture paraissait inévitable. Le manque de moyens du personnel

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Société
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