« Des naufragés du monde »

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Deux nouveaux films de Sylvain George, dans le droit fil de ses opus précédents, en particulier Qu’ils reposent en révolte (Des figures de guerre I), sorti l’an dernier. Le cinéaste retravaille ses motifs, c’est-à-dire les migrants sans-papiers de Calais. Dans les Éclats, dans un noir et blanc très contrasté, Sylvain George les filme de près. Par conséquent, moins quand ils jouent au chat et à la souris – un jeu dangereux – avec les policiers au moment où ils tentent de rejoindre un bateau que pendant leurs nombreux temps morts, un temps sans fin. Le cinéaste appuie sur certains aspects. Notamment le retour des maladies anciennes, comme la pneumonie, auxquelles les migrants sont sujets.

Il laisse aussi longuement la parole à un Afghan d’une lucidité politique extraordinaire et documentée, teintée d’un profond désespoir sur ce que lui-même et ses compagnons d’infortune sont devenus : « Des naufragés du monde ». L’Impossible – Pages arrachées développe un récit directement politique, partant des migrants de Calais pour arriver à Paris dans les manifestations étudiantes ou celles du 1er Mai. C’est le lien entre ces indésirables et une expression politique en leur faveur, c’est-à-dire révolutionnaire, que L’Impossible – Pages arrachées interroge ici, toujours avec le souci de révéler ce qui est tenu dans l’invisibilité.


Les Éclats, L’Impossible – Pages arrachées , Sylvain George, respectivement 1 h 24 et 1 h 44.

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