La deuxième révolution

Les manifestants cherchent une troisième voie entre les Frères et les anciens notables. Correspondance au Caire de Marie-Lys Lubrano.

Marie-Lys Lubrano  • 13 décembre 2012 abonné·es

Assise au bord du trottoir, face au palais présidentiel, Asmaa soupire : «   Au fond, rien n’a changé depuis deux   ans, on se bat encore contre un tyran, on se fait encore tirer dessus.   » Le corps tassé par la fatigue et la tension, la jeune femme est plongée dans ses pensées. C’est à peine si elle semble noter la présence des vingt soldats qui passent pourtant sous son nez, leurs bottes claquant sur l’asphalte.

Au pas de charge, la petite troupe traverse la place, frôlant un groupe de jeunes femmes voilées qui crient des slogans appelant Morsi à la démission, sans même jeter un coup d’œil à la centaine de manifestants éparpillés autour des tentes montées devant la mosquée Omar Ibn Abdel Aziz. Quand le bruit des talons s’éloigne et que les femmes se taisent un moment, d’autres bribes de voix, plus lointaines, parviennent sur la place : c’est l’écho de la manifestation des Frères musulmans. Entre les deux camps, un mur de béton de six mètres de haut et quatre de large, érigé dans la nuit par l’armée et gardé par des tanks, interdit toute rencontre. Mais, autour d’Asmaa, la rue porte encore les stigmates des scènes de guerre civile qui ont

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Monde
Temps de lecture : 6 minutes