Le roman d’hier à demain

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Vision historique et démarche conceptuelle sont indissociables dans ce stimulant essai, le Roman d’hier à demain, signé par Jean-Yves Tadié, éminent spécialiste de Proust, et Blanche Cerquiglini, qui a publié de nombreux articles sur la littérature française contemporaine. Jean-Yves Tadié a rédigé la première partie, qui revient sur toutes les transformations que le roman a connues au long du XXe siècle, en particulier ses évolutions formelles ou ses confrontations avec d’autres domaines de la pensée comme la philosophie. À la lumière de cet héritage, Blanche Cerquiglini procède à une analyse des questions majeures que pose le roman d’aujourd’hui (ou qui se posent à lui). Outre « l’écriture de soi » et l’usage de plus en plus fréquent du fait divers comme matière première littéraire, une des interrogations principales est formulée ainsi par l’auteure : « “Il faudrait une fiction, mais qui osera ?” Le romancier face à l’histoire. » Dommage, cependant, qu’à propos du roman discutable de Yannick Haenel, Jan Karski (Gallimard, 2009), Blanche Cerquiglini ne s’en tienne qu’à la polémique déclenchée par Claude Lanzmann, et finisse par donner raison au premier, tout en assurant, à juste titre la plupart du temps, se tenir « loin de tout palmarès ». Qu’à cela ne tienne. Le Roman d’hier à demain est un bel essai qui accorde aux œuvres romanesques la place qui doit leur revenir.


Le Roman d’hier à demain , Jean-Yves Tadié et Blanche Cerquiglini, Gallimard, 458 p , 25 euros.

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