Notre-Dame-des-Landes : une semaine de répit pour les « Zadistes »

Le tribunal de Saint-Nazaire a donné une semaine de répit aux opposants à l'aéroport, avant de statuer sur la destruction de plusieurs cabanes, encerclées par une quarantaine de tracteurs.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Le face à face continue à Notre-Dame-des-Landes. Une semaine après les violents affrontements avec les forces de police, les opposants au projet d’aéroport organisaient lundi l’occupation avec la crainte d’une nouvelle intervention policière, ce mercredi matin.

Ils étaient notamment suspendus à la décision du tribunal de Saint-Nazaire qui devait trancher, mardi 4 décembre, sur la destruction des cabanes construites à la « Châtaigneraie », un terrain duquel un agriculteur vient d’être exproprié. La décision sera finalement rendue mardi 11 décembre (lire encadré).

Le site a été réinvesti le 17 novembre au terme d’une manifestation rassemblant près de 40 000 personnes. Les forces de l’ordre ont à nouveau tenté d’en expulser les occupants vendredi 23 novembre, sans succès. Depuis une semaine, une quarantaine de tracteurs encerclent les lieux - qui comprennent notamment deux dortoirs et une cabane de 80 mètres carrés - pour les protéger d’une intervention policière.

Si la destruction de ces habitations « illégales » est décidée par le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire, mardi, leurs occupants s’attendent à une intervention rapide. Car depuis le 16 octobre, les forces de l’ordre interviennent immédiatement après les décisions de justice pour détruire et déblayer les lieux jusqu’aux moindres gravats. 13 maisons ont déjà été détruites selon le décompte de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport).

«Une opération de grande ampleur pour vider Notre-Dame des Landes»

Un autre signe avant-coureur a été reçu vendredi par les opposants au projet d’aéroport : la préfecture de Loire-Atlantique a publié deux décrets interdisant le transport de carburant et de produits inflammables, feux d’artifice ou explosifs sur les communes de Notre-Dame-des-Landes et Vigneux-de-Bretagne, qui courent jusqu’au 10 décembre 6 heures du matin.

La rumeur a surtout été alimentée par des messages, difficiles à authentifier, reçus ces derniers jours par les opposants présents sur place. « On nous a prévenus qu’une intervention était prévue mercredi 5 décembre pour expulser et évacuer les lieux » , raconte une « zadiste ». Le site Breizh journal rapporte également le témoignage de « gendarmes de Loire-Atlantique » , annonçant « l’organisation d’une opération de grande ampleur pour vider Notre-Dame-des-Landes des opposants ».

La « Châtaigneraie » vue du ciel, le 29 novembre 2012. - AFP / Gilles Leroux

En attendant, les « zadistes » continuent à protéger leurs installations. Autour de la Chataigneraie, « les tracteurs sont enchaînés et ancrés dans le sol, raconte Dominique Fresneau agriculteur à Notre-Dame-des-Landes et président de l’Acipa. Cela pourrait ralentir considérablement l’intervention, voir entraîner la destruction des tracteurs » , si la préfecture s'obstine à faire évacuer les lieux, prévient-il.

La mobilisation s'étend

Pour l’heure, les « zadistes » décrivent une situation plutôt calme à Notre-Dame-des-Landes. La mobilisation s’est aussi considérablement accrue avec les interventions policières de ces dernières semaines. Les « zadistes » reçoivent de nombreux messages de soutien et leurs rangs ont grossi. L’Acipa enregistrait vendredi 30 novembre un record d’affluence pour l’Assemblée générale de sa 12e année d’existence. 600 adhérents se sont réunis, alors que les comités de soutien fourmillent désormais dans toute la France.


Cela n’a pas influencé la composition de la « commission de dialogue », qui a débuté ses travaux vendredi 30 novembre, sans représentant des opposants au projet d’aéroport. Le groupe de travail, essentiellement composé de scientifiques1, doit rendre un rapport au premier ministre dans quatre mois, dont on est déjà certain qu’il ne remettra pas en question le projet d’aéroport :

« Nous ne sommes pas autre chose qu'une commission de dialogue , tente de minimiser Claude Chéreau président de la Commission des comptes de l'Agriculture de la Nation, ex-conseiller de François Mitterrand et de Lionel Jospin, qui préside la commission. Par conséquent, nous ne jugeons pas le projet».

Ajout, mercredi 5 décembre, 9 h 50 : l'article a été actualisé avec la décision du juge des référés de Saint-Nazaire.


  1. [1] Il est présidé par Claude Chéreau, président de la Commission des comptes de l'Agriculture de la Nation, ex-conseiller de François Mitterrand et de Lionel Jospin. Ses deux autres membres sont Claude Brévan, architecte, spécialiste du développement urbain, et Rouchdy Kbaier, membre du Conseil général de l'environnement et du développement durable, spécialiste du droit communautaire et des questions d'environnement. 


Haut de page

Voir aussi

Articles récents