Pas de couilles, pas d’embrouilles
Un regard critique sur le métier par des humoristes exigeants : Christophe Alévêque, le Comte de Bouderbala et Didier Porte.
dans l’hebdo N° 1232-1234 Acheter ce numéro
Drôle de métier tout de même. Vouloir faire rire. Encore faut-il savoir s’y prendre, choisir une forme, peut-être une cible, endosser un statut parfois. Chroniqueur à la radio, et maintenant sur scène, Didier Porte ne voit pas ça comme un métier : « Profession humoriste, ça fait technicien du rire ; c’est presque contradictoire dans les termes ! Or, je ne suis valable quand je suis drôle que parce que, de temps en temps, je ne suis pas drôle ! En tout cas, je ne peux pas dissocier la fonction d’une composante polémique. Le côté chansonnier qui renvoie tout le monde dos à dos ne me convient pas. » De fait, dans le prolongement de ses chroniques en radio et sur les sites de Mediapart ou d’Arrêts sur images, Didier Porte politise la scène, en un caustique décryptage de l’actualité. Sur les planches depuis une vingtaine d’années, Christophe Alévêque n’est pas moins politisé, pas moins sarcastique. Mais, « vu l’humour que je pratique, je n’aimerais pas commencer aujourd’hui ». Dans le paysage humoristique, assurément, Alévêque est un être à part. Choisissant ainsi de boucler un spectacle en entonnant Bella Ciao, chant militant italien.
Dans ce même paysage et dans un autre style, plus sociétal et très cinglant, Samy Ameziane, né en 1979, Comte