Triste inventaire

Denis Sieffert  • 13 décembre 2012 abonné·es

Les murmures ont parfois plus de force que les cris. Ce « putain, les traîtres ! » lâché dans quelque chose qui ressemblait à un sanglot par le leader CFDT, Édouard Martin, en entendant Jean-Marc Ayrault renoncer à la nationalisation du site d’ArcelorMittal de Florange, valait plus que tous les communiqués syndicaux. « Traîtres » : il n’y a pas, en politique comme à la guerre, de qualificatif plus terrible. Au point qu’Édouard Martin lui-même ne l’a pas repris par la suite, même si sa critique de la décision du Premier ministre n’a jamais faibli. Juste ou excessive, la violence spontanée de sa réaction reste gravée dans notre mémoire. Elle en dit long sur l’idée que la gauche sociologique se fait de la gauche politique, celle qui gouverne depuis le mois de juin.

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Une analyse au cordeau, et toujours pédagogique, des grandes questions internationales et politiques qui font l’actualité.

Temps de lecture : 4 minutes