Albert Ogien : « Distinguer droit et solidarité »

Pour le sociologue Albert Ogien, l’État doit se garder de distribuer son aide « au mérite ». Sauf à considérer les prestations sociales comme de l’assistanat.

Ingrid Merckx  • 24 janvier 2013 abonné·es

Spécialiste des mouvements sociaux et de la désobéissance, Albert Ogien souligne que le terme « solidarité » est souvent utilisé pour décrire des actions qui n’en relèvent pas. Comme le droit d’ingérence, droit nouveau qui consiste à appliquer des règles édictées par les Nations unies. Il distingue la solidarité du droit et de l’acte militant, et la rapproche du don, où l’on s’associe à une cause juste pour défendre des personnes fragilisées.

En période d’austérité, le réflexe majoritaire est-il le repli sur soi ou la solidarité ?

Albert Ogien : Lorsqu’il y a des catastrophes naturelles, des personnes expulsées de chez elles, la solidarité est toujours de mise. Dans la proximité, il est très rare que les gens ne soient pas solidaires. C’est d’ailleurs ce qu’a révélé le « délit de solidarité » : les gens se sont mis en situation de désobéissance civile pour défendre des clandestins, et le gouvernement socialiste vient de supprimer ce délit [le délit d’aide au séjour est maintenu, sauf s’il s’agit d’actions « humanitaires et désintéressées », NDLR]. Venir en aide à son prochain me paraît le fondement

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Temps de lecture : 7 minutes