Esther Benbassa, une sénatrice qui dérange

Élue sur une liste PS-EELV en 2011, Esther Benbassa défend les dossiers sociétaux les plus délicats. Portrait d’une cosmopolite sous les ors de la République, qui se raconte à travers un recueil de ses articles.

Lena Bjurström  • 17 janvier 2013 abonné·es

On l’entend de loin, Esther Benbassa. Et on la reconnaît. Enfin, pas toujours… Elle raconte, plutôt fière, qu’un jour un chauffeur de taxi l’a confondue avec Leila Shahid, alors déléguée de Palestine en France, avec qui elle partage un bel accent oriental et pas mal de convictions. Peut-être même le goût des causes difficiles. « Je m’occupe des lois casse-gueule », résume cette femme suractive qui avoue soixante-dix heures de boulot par semaine et bouscule les habitudes du Sénat, où elle a fait son entrée en septembre   2011 sous l’étiquette EELV. Les sans-papiers, les prostitué(e) s, les immigrés, les Roms et tous les damnés de la terre… c’est pour elle ! Rude épreuve quand on fait tardivement son « apprentissage en politique ». La politique, cette universitaire, professeure à l’École pratique des hautes études, croyait pourtant bien la connaître : « Je l’avais étudiée en théorie, mais, en pratique, c’est autre chose. » Une débutante qui s’étonne sans être dupe : « Au Sénat, tout le monde est mon ami, mais ça ne va pas durer », dit elle en citant l’une de ses chroniques publiées dans un recueil paru sous un titre qui la définit parfaitement  *: Égarements d’une cosmopolite* (voir ci-contre).

Née en 1950 à Istanbul, Esther Benbassa aime à rappeler son

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Politique
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