Pétition pour Philippe El Shennawy

Le comité de soutien du prisonnier incarcéré depuis 37 ans adresse un appel à François Hollande.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Le texte de l'appel:

« Philippe El Shennawy, citoyen français, est né en 1954. Agé de vingt ans, il commet plusieurs braquages. Condamné à la perpétuité, il sort en liberté conditionnelle après quinze ans de détention ; il est arrêté en 1991 et condamné de nouveau. Il s’évade à deux reprises, en 1997 et 2004, est arrêté et condamné à chaque fois. Sa peine actuelle court jusqu’en 2032.

A 78 ans, s’il ne sort pas avant, il aura passé 54 années de sa vie en prison, alors qu’il n’a pas de sang sur les mains. Il a déjà vécu dix-neuf ans en isolement, six en hôpital psychiatrique (on n’a jamais diagnostiqué aucune démence chez lui) et a changé quarante fois de lieu de détention.

Lire > Le dernier combat de Philippe El Shennawy, après 37 ans de prison

Ce détenu a donné toutes les preuves d’une capacité de se réinsérer dans la vie active, et en apporte aujourd’hui les garanties. Désespéré par la toute récente décision judiciaire qui revient à confirmer l’échéance de 2032, il a tenté de mettre fin à ses jours, le 12 décembre 2012.

Lire > Acharnement incompréhensible contre Philippe El Shennawy

S’en tenir à la lettre de la loi peut trahir l’esprit de la justice. On ne devrait pas oublier que le but ultime de celle-ci n’est pas de punir et d’infliger des souffrances, mais, après avoir empêché les criminels de nuire, de les amener à réintégrer la communauté des citoyens. La prison n’a pas pour fonction de déshumaniser les individus qu’elle détient. Y garder quelqu’un pendant 54 ans, ce n’est pas le corriger, c’est le détruire, le tuer. Les religions du passé comme les sages des temps modernes nous ont appris que la justice est désirable mais qu’elle doit être surveillée et orientée par l’amour de compassion et par le respect de la personne humaine.

En attendant les mesures législatives que pourrait promouvoir une réflexion d’ensemble sur ces peines de mort qui ne disent pas leur nom, le Président de la République a le droit d’accorder une grâce individuelle, au cas par cas. Un recours en grâce vient précisément d’être déposé par l’avocate de Philippe El Shennawy. Nous demandons qu’il soit examiné d’urgence et avec humanité pour empêcher ce qui serait une exécution déguisée. »

Premiers signataires : Tzvetan Todorov, Michel Wieviorka, Paul Pavlowitch, Louis Joinet, Henri Leclerc, Esther Benbassa, Pascal Boniface…

Cette pétition est hébergée sur le site www.pétitionpublique.fr


Haut de page

Voir aussi

Articles récents