Un salarié d’Arcelor Mittal perd un œil après un tir de flashball : vives réactions à gauche

Jean-Luc Mélenchon se dit « écœuré par la bestialité des consignes qui ont conduit à cette violence », EELV exprime « sa consternation ».

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Un intérimaire belge d’Arcelor-Mittal a perdu l’usage d’un œil, mercredi, au cours des affrontements avec les forces de l'ordre devant le Parlement européen. L’employé du site ArcelorMittal de Flémalle, dans l'agglomération de Bruxelles, âgé de 25 ans, a été victime d’un tir de flashball. Il souffre de multiples fractures faciales, selon le quotidien l’Alsace, et reste hospitalisé à Strasbourg.

Mercredi 6 février, une manifestation des 1 500 métallurgistes belges, français et luxembourgeois, interdite par les autorités, a dégénéré alors que les forces de l’ordre bloquaient l’accès au Parlement.

L’IGPN (police des polices) et l’IGGN (inspection générale de la gendarmerie nationale) vont diligenter chacune une enquête administrative.

La préfecture du Bas-Rhin annonce quant à elle que 12 gendarmes et policiers, ainsi que 2 manifestants, ont été blessés. La fouille des bus venus de Belgique aurait permis aux policiers de mettre la main sur « un dispositif de brise tympans et douze pastilles d’explosifs, deux bonbonnes de gaz, une grenade artisanale à billes, 40 kg de boulons de grosse taille et de ferraille coupante » , ainsi que des pétards et des fumigènes.

Vives réactions politiques

Les réactions sont vives à la gauche du PS, alors que Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, « lance évidemment un avertissement » aux syndicalistes, jugeant que «les policiers font leurs travail» .

« Je suis écœuré par la bestialité des consignes qui ont conduit à cette violence, réagit ce vendredi Jean-Luc Mélenchon. Le ministre de l’Intérieur est responsable. Il doit s’expliquer sur cet acte et ses conséquences dramatiques. »

Un peu plus tôt, EELV exprimait lui aussi « sa surprise et sa consternation devant l’intervention policière opposée aux salariés d’ArcelorMittal (...). EELV s’étonne que les autorités aient choisi, pour répondre à des salariés venus témoigner de leur détresse et de leur détermination à protéger l’emploi, de faire intervenir un tel déploiement de forces » , indiquait le parti jeudi dans un communiqué.

Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, a lui aussi vivement réagi jeudi : « Je suis scandalisé par ce que j'apprends du déroulement de la journée de manifestation (...). Je m'inquiète de cette ambiance qui est en train d'entretenir, voire d'alimenter, la tension dans notre pays.

Voir le reportage de France 3 Alsace :


Photo : AFP / PATRICK HERTZOG

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