Pôle emploi interpellé

Syndicats et associations de chômeurs demandent des mesures d’urgence après l’immolation d’un homme en fin de droits à Nantes.

Thierry Brun  • 7 mars 2013 abonné·es

Alors que le taux de chômage explose, la radiation est la hantise des chômeurs indemnisés, ainsi que l’épuisement de leurs droits. Après l’immolation par le feu, le 13 février, d’un chômeur nantais en fin de droits, deux syndicats de Pôle emploi, le SNU et SUD, ont réclamé, avec le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), des mesures d’urgence pour que « les choses changent » des « deux côtés du guichet ».

Le SNU a réclamé au plus vite une « conférence nationale de lutte contre le chômage et l’exclusion », avec les représentants des personnels de Pôle emploi, des chômeurs, des partenaires sociaux qui gèrent l’assurance chômage et des pouvoirs publics, afin de « répondre aux besoins des demandeurs d’emploi en fin de droits ». Syndicats et associations de chômeurs souhaitent que les 90 000 personnes qui épuisent chaque mois leurs droits à une indemnisation puissent bénéficier automatiquement d’une allocation « de solidarité » ou « de crise ». Côté gouvernemental, un comité national de liaison exceptionnel se tiendra le 15 mars, en présence de Michel Sapin, ministre du Travail, de Pôle emploi, des organisations syndicales et des organisations de chômeurs. Le MNCP pointe « l’aggravation continue d’une situation humainement et socialement insupportable » dans les agences. « Après la fin de la rétroactivité des radiations depuis le 1er   janvier   2013, qui a fait revenir les pratiques de Pôle emploi dans la légalité, nous demandons aux pouvoirs publics d’aller plus loin en revenant sur les lois 2005 et 2008 sur les droits et devoirs des demandeurs d’emploi ». L’association réclame dans un premier temps la suppression des radiations, sauf en cas de fraude.

Un récent rapport du médiateur national de Pôle emploi, Jean-Louis Walter, va dans ce sens. Il recommande d’abroger les radiations pour « absence à convocation », pour les remplacer par un dispositif de « graduation ou de sursis ». Très attendue par les associations de chômeurs, la réunion du 15 mars pourrait être un premier pas vers des changements. Et un signal politique adressé aux partenaires sociaux avant la future négociation de la convention d’assurance chômage.

Travail
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