Syrie : vaincre l’indifférence
Après deux ans de conflit et soixante mille morts, la seule question qui vaille est celle de savoir comment hâter la chute du clan Assad. Par Farouk Mardam-Bey.
dans l’hebdo N° 1244 Acheter ce numéro

Deux ans après son déclenchement, la révolution syrienne est encore très loin de ses objectifs. Lesquels se résument dans les mots d’ordre scandés partout dans le monde arabe par des millions de manifestants : liberté, dignité, justice sociale. En outre, les Syriens constatent avec amertume qu’à la relative sympathie exprimée pendant quelques mois à leur égard par la « communauté internationale » n’ont succédé que cynisme, indifférence et incompréhension. Il est de bon ton d’en rejeter la responsabilité sur l’opposition « officielle », qui, sous ses différentes bannières, s’est indéniablement montrée divisée, déboussolée et stérile. Il faut toutefois bien reconnaître que la principale raison du blocage réside dans la capacité du régime, malgré les coups durs qui lui ont été assénés, à mettre encore dans son jeu les atouts qui lui avaient permis par le passé de se tirer d’affaire.
Le premier atout consiste dans sa réserve inépuisable de violence. Superposé à la société, comme l’était jadis la soldatesque mamelouke, le régime assume parfaitement cette « extranéité ». Allant