Banalité du mal
Hannah Arendt ne s’est pas livrée à une comparaison des niveaux de responsabilité, elle a interrogé la notion même de responsabilité.
dans l’hebdo N° 1253 Acheter ce numéro
Et si on parlait d’autre chose, en attendant l’incontournable conférence de presse de François Hollande, jeudi ? Et si, au moment où s’ouvre le Festival de Cannes, on parlait cinéma ? Histoire de partager quelques impressions après avoir vu le film que Margarethe Von Trotta a consacré à Hannah Arendt. Il se peut que ce ne soit pas le chef-d’œuvre du siècle, mais la cinéaste a su éviter les facilités d’une biographie forcément anecdotique. Et elle a réussi, me semble-t-il, à restituer les termes d’un débat philosophique complexe. On sait combien le concept de « banalité du mal » forgé par Hannah Arendt, en 1962, dans son compte rendu du procès du criminel nazi Adolf Eichmann, a été l’objet de controverses. Il lui a valu, à l’époque, d’être violemment attaquée par l’opinion israélienne et une partie de