Jean-Pierre Filiu : « On a tué le peuple syrien deux fois »
Pour Jean-Pierre Filiu, l’inaction occidentale condamne les Syriens à être d’abord la proie du régime, puis des jihadistes.
dans l’hebdo N° 1254 Acheter ce numéro
Spécialiste du monde arabe, Jean-Pierre Filiu met en évidence un paradoxe. Entre un régime surarmé et des jihadistes appuyés par des pays du Golfe, seuls les démocrates sont abandonnés.
Pourquoi est-ce si difficile d’informer sur ce qui se passe en Syrie ?
Jean-Pierre Filiu : S’il y a désinformation en Syrie, c’est à cause de Bachar Al-Assad qui dit depuis le début qu’il ne fait pas face à une révolution mais à une « déstabilisation orchestrée de l’étranger par des bandes terroristes ». Depuis deux ans, il interdit donc avec constance l’accès au terrain aux journalistes, aux enquêteurs indépendants, avec les pertes que l’on sait : selon Reporters sans frontières, 23 journalistes ont été tués depuis mars 2011. D’ailleurs, dans tous les plans que Bachar a violés, que ce soit celui de la Ligue arabe de novembre 2011 ou celui de Kofi Annan de février 2012, il était question d’un accès libre au terrain pour les médias et les enquêteurs indépendants. On
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