La palme du poncif (À flux détendu)

J’ai été fort étonné par la publication, dans *le Monde* , de trois tribunes consacrées au cinéma français, d’une médiocrité affligeante.

Christophe Kantcheff  • 30 mai 2013
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La Palme d’or décernée à la Vie d’Adèle, même si elle constitue un symbole positif, n’efface évidemment pas tous les problèmes auxquels doit faire face le cinéma français. Parmi ceux qui ont été dernièrement sur le devant de l’actualité, et le seront assurément de nouveau : le financement des œuvres, l’exception culturelle au plan européen, la convention collective des techniciens actuellement très clivante, la difficulté accrue pour les films fragiles économiquement d’accéder aux salles… Durant le Festival de Cannes, ces débats ne se sont pas évaporés, bien que moins exposés. On y a même salué, à juste titre, l’arrivée d’une nouvelle génération talentueuse de cinéastes français (Betbeder, Peretjatko, Triet…).

Le Monde, en particulier, s’en est amplement fait l’écho. C’est pourquoi j’ai été fort étonné par la publication, dans le numéro daté du 24 mai de ce même journal, de trois tribunes consacrées au cinéma français, d’une médiocrité affligeante. Signées par l’écrivain Stéphane Zagdanski et les critiques Paolo Mereghetti et Jordan Mintzer, respectivement du Corriere della Serra et d’ Hollywood Reporter, elles avaient pour principal intérêt de montrer à quel point certains poncifs ont la vie dure. Le cinéma français victime du fossé entre films commerciaux et œuvres exigeantes, de sa tendance formaliste, de son incapacité à penser l’argent… Le « film d’auteur », toujours défini de façon aléatoire ( « se reconnaître dans des situations par pure affinité intellectuelle et non au nom d’une vérité sociale » – quel charabia !), est la tarte à la crème de ces analyses expertes, et bien entendu le principal accusé. Était-il nécessaire d’occuper une page pleine du quotidien « de référence » avec de tels clichés usés jusqu’à la corde ?

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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