Quand les féministes s'invitent à l'opération « Glam et Sexy » des Galeries Lafayette

Pour l'inauguration de son rayon lingerie, le magasin parisien faisait défiler des mannequins dénudées. Une quarantaine de féministes ont fait stopper l'opération de marketing.

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Les Galeries Lafayette provoquent la grogne des féministes. Jeudi 23 mai, une quarantaine d’entre elles ont déboulé boulevard Haussman pour soutenir des syndicalistes du grand magasin. Ceux-ci, brandissant des pancartes, manifestaient contre les animations « sexistes » organisées par l’enseigne du 21 au 25 mai pour l’ouverture d’un nouvel espace lingerie.

L’inauguration, au concept « Glam et Sexy », selon le site des Galeries, s’apparentait en réalité plus à un show de strip-tease qu’à un « espace scénarisé » . Étaient mis en scène des mannequins vivantes « dénudées, portant la signalétique du magasin tatouée sur le corps, postées aux portes d’entrée et aux abords des escalators » , incitant les clients à se rendre au rayon lingerie, selon les manifestants. D’autres modèles devaient jouer les « fausses clientes et tomber leur manteau pour continuer leurs achats en string et en soutien-gorge » .

Alertées par les syndicats CGT, CFDT et FO, choqués par ces méthodes, une vingtaine d’associations et de collectifs féministes avait appelé à un rassemblement le 23 mai pour exiger l’arrêt immédiat de ces animations. Osez le Féminisme, les efFRONTé-e-s ou encore Femmes solidaires ont répondu présent pour dénoncer « une marchandisation du corps de la femme » .

Céline Carlen, secrétaire générale CGT des Galeries Lafayette, évoque, elle, l’état de « choc de quelques employées qui, bien que peu sensibles à la cause féministe, trouvaient que ça allait trop loin » .   

À la suite de ce rassemblement, les Galeries Lafayette ont suspendu l’opération pour la soirée, malgré des informations annonçant la volonté du prestataire de maintenir les événements pour 18 h. Une « victoire » pour les associations féministes, qui restent toutefois vigilantes jusqu’au 25 mai, date de clôture de l’opération marketing.

Les Galeries Lafayette n’en sont pas à leur coup d’essai. En 1999, le magasin avait déjà fait scandale en exposant de vrais mannequins en vitrine pour promouvoir la lingerie Chantal Thomass.


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