50 ans de France Culture (À flux détendu)

Créée en 1963, la radio célèbre son demi-siècle alors que ses chiffres d’audience n’ont jamais été aussi élevés.

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Quand je suis à l’étranger et qu’il m’arrive de parler de France Culture, je ressens plus que jamais la chance que nous, Français, avons d’avoir une telle chaîne de radio. Elle n’a pas d’équivalent dans le monde. Publique, généraliste au sens où elle embrasse le réel dans sa totalité, avec une attention particulière – c’est sa mission – pour le champ de la création et de la pensée. France Culture a 50 ans.

Créée en 1963 sur la lancée du Programme national issu de la Libération, France Culture célèbre son demi-siècle alors que ses chiffres d’audience n’ont jamais été aussi élevés : 2,1  % sur l’année d’audience cumulée. Et, dans plusieurs pays, ses émissions sont amplement podcastées. On peut se réjouir qu’un plus grand nombre d’auditeurs rencontrent cette radio et s’y trouvent bien (une hausse de RMC ou de Skyrock, au contraire, a toujours quelque chose de déprimant). Pour combien d’auditeurs, dotés en diplômes ou autodidactes, France Culture a-t-elle été, ou est-elle encore, un moyen de découvertes et de réflexion hors des chemins battus !

Mais il ne faudrait pas que le parfum de l’audience ne grise les programmateurs et son directeur, Olivier Poivre d’Arvor. Si l’équipe des producteurs a été globalement rajeunie, il serait regrettable de se séparer de femmes et d’hommes d’expérience, alors que sont arrivés sur la chaîne Christine Ockrent ou Dominique Souchier, qui n’y apportent rien sinon des mondanités. De même, se transformer en radio réactive est une nécessité, mais il serait dommage de le faire aux dépens de l’expérimentation (les Ateliers de création radiophonique réduits à la portion congrue) ou d’une exigence critique ou théorique (exemple : l’excellente émission de Pascale Casanova sur la littérature n’a jamais été remplacée). France Culture a encore de beaux jours devant elle si elle évolue en restant fidèle à elle-même.


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