Deux migrants portent plainte pour «non assistance» et ciblent l’armée française
Deux survivants d’un drame ayant causé la mort de 63 migrants en Méditerranée en 2011 ont porté plainte contre X, le 18 juin à Paris. Dans le viseur : l’armée française.

Le 26 mars 2011, 72 migrants quittaient Tripoli et les ravages de la guerre en Libye dans une petite embarcation, à destination des côtes italiennes. En panne de carburant, ils ont dérivé pendant près de deux semaines, avant de s’échouer sur une plage libyenne. Bilan : 63 morts.
Deux survivants du drame ont porté plainte contre X, le 18 juin à Paris, pour non-assistance à personne en danger. Dans cette affaire, l’armée française est sérieusement mise en cause, l’Otan également.
Cette tragédie aurait en effet pu être évitée, selon la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), le Groupe d’information et de soutien des immigré(e)s (Gisti) et Migreurop, quatre associations françaises qui se sont jointes à la plainte contre X déposée par deux survivants. Car au cours de leur longue dérive, les migrants ont tour à tour croisé des navires de pêche et des bâtiments militaires, et pas un ne leur a porté secours.
A l’époque, intervention de l’OTAN en Libye oblige, la Méditerranée était une zone très fréquentée. La France n’est donc pas le seul pays concerné par cette affaire. Les forces militaires espagnoles, britanniques, italiennes, canadiennes et belges gravitaient également le long des côtes libyennes, et auraient pu secourir l’embarcation. La plainte a ainsi été déposée conjointement en France et en Espagne et devrait être suivie par d’autres actions judiciaires en Europe.
« Crime de guerre »
En avril 2012, quatre survivants avaient déjà déposé une plainte similaire devant le Tribunal de Paris. Mais elle a été classée sans suite par le parquet, suivant un avis du ministère de la Défense qui concluait à une absence de responsabilité
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