Mort de Clément Méric : le collectif antifasciste dément «formellement» les informations de RTL

Le groupe auquel appartenait le militant antiraciste tenait ce mardi soir une conférence de presse à Paris.

Erwan Manac'h  et  Nina Bontemps-Terry  et  Florent Sourisseau  • 25 juin 2013
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Mort de Clément Méric : le collectif antifasciste dément «formellement» les informations de RTL

Le collectif Action antifasciste Paris banlieue «rejette formellement» l’hypothèse selon laquelle Clément Méric aurait agressé en premier Esteban Morillo, l’auteur des coups de poing mortels sur le militant le 5 juin à Paris.

La scène a été filmée par la vidéosurveillance de la RATP, révèle ce matin RTL qui décrit l’agression sans préciser formellement si il a pu visionner la bande. Selon l’interprétation de ces images, le jeune militant antifasciste aurait asséné un premier coup de poing dans le dos au skinhead Esteban, avant que celui-ci ne lui adresse à son tour le ou les coups mortels.

Une interprétation contestée par la police judiciaire de Paris, chargée de l’enquête, et citée par Libération. Détail important omis par RTL : la caméra filmait au ras du trottoir et ne montre, selon cette source policière, que 20 cm au-dessus du sol.

«Mensonges»

Le collectif Action antifasciste Paris-banlieue dénonce ce mardi dans un communiqué des «mensonges [qui] ne font qu’ajouter à la douleur des proches» de Clément Méric.

«L’agression physique survenue à l’extérieur du magasin est le fait des
skinheads»
, ajoute le groupe auquel appartenait Clément Méric. Ils « se sont approchés, ont encerclé nos camarades puis les ont agressés (…) Il est donc impossible que des images montrent Clément se précipiter vers son agresseur ».

Puis de rappeler que « les militants d’extrême droite eux-mêmes n’ont jamais prétendu que Clément se soit précipité vers eux ».

Conférence de presse d’«Action antifasciste Paris-banlieue»

À Paris, mardi 25 juin. - Photo : F. Sourisseau

Au cours d’une brève conférence de presse, les militants du collectif « Action antifasciste Paris-banlieue » ont vivement critiqué les médias : « Clément a été assassiné une seconde fois » , dénonce Hervé, un militant du groupe devant une poignée de journalistes, ce mardi à 18 h dans une rue du XXe arrondissement de Paris.

« Aujourd’hui, être un militant néonazi [devient] une opinion comme une autre (…) et les médias font passer la victime pour un agresseur à l’aide d’une vidéo qu’ils n’ont peut-être pas vue » .

« Ce n’est pas un hasard si certains médias essaient de réécrire l’histoire »

Le collectif antiraciste assume les invectives envoyées, ce 5 juin, contre la bande de militants de « Troisième Voie », qui portaient selon eux des tee-shirts avec des inscriptions «100 % pure race » ou « défense de la race blanche » :

« L’extrême droite provoque de façon ostentatoire »

« Nous réagissons face à l’intolérable, mais notre réaction reste verbale » , se sont-ils défendus, jugeant qu’il fallait désormais « laisser l’instruction suivre son cours » .

Dimanche 23 juin à Paris. - Photo : M. Soudais

Société Politique
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