Parutions de la semaine

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Mouloud Feraoun

Un écrivain engagé

José Lenzini, préface de Louis Gardel, Actes Sud, 384 p., 25 euros.

Journaliste né à Sétif, ville du premier soulèvement contre la colonisation en mai 1945 et de la terrible répression qui s’ensuivit, José Lenzini n’a cessé d’écrire sur l’Algérie et le conflit qui mènera à son indépendance. Spécialiste d’Albert Camus, il ne pouvait que s’intéresser à Mouloud Feraoun, grand ami du prix Nobel de littérature 1957, et lui-même écrivain majeur de l’Algérie en lutte contre le colonialisme, tiraillé entre une culture humaniste non-violente apprise dans les écoles françaises et la lutte pour la libération. Cette biographie retrace le parcours de celui qui fut abattu par l’OAS quatre jours avant la fin de la guerre, alors qu’il travaillait pour les célèbres centres sociaux de l’anthropologue Germaine Tillion.

De l’Autogestion

Théories et pratiques

Collectif, éd. CNT-RP, 352 p., 15 euros.

Réalisé à l’initiative de la Confédération nationale du travail (CNT), De l’Autogestion est une tentative d’exploration des possibles, ici et maintenant, du « projet autogestionnaire ». Afin « d’éclairer une notion essentielle de la lutte des classes : le besoin viscéral de la classe exploitée de prendre ses affaires en main, tant dans l’entreprise que dans la société ». Aussi bien historique que politique, ce livre se veut une mise en perspective de ce que d’aucuns nommeront une « utopie » – jusqu’ici jamais tentée à une grande échelle –, qui pourrait à bon droit constituer une voie pour enrayer l’exploitation capitaliste. Sans la remplacer par un système autoritaire et centralisé.

Au bazar du genre

Féminin/masculin en Méditerranée

Denis Chevallier, Michel Bozon, Michelle Perrot et Florence Rochefort (dir.), éd. Textuel/ MuCEM, 224 p., 39 euros.

Une « torero » sabre en main, une cocotte-minute sous le bras… Cet autoportrait de l’artiste Pilar Albarracín se veut « un regard caustique sur son identité féminine et sa culture espagnole », disant à la fois la « légitimité gagnée dans des domaines jusque-là réservés aux hommes » et « un quotidien moins idyllique ». Ce superbe catalogue de l’une des deux premières expositions du tout nouveau Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée présente les œuvres exposées et propose nombre de textes sur la (supposée) hiérarchie – sans cesse ébranlée aujourd’hui – des sexes et des sexualités dans le pourtour méditerranéen. Progrès et retour en arrière sont décryptés par trente-cinq intellectuels, dont Éric Fassin, Michelle Perrot, Jean-Claude Kauffman ou Yvonne Knibiehler, et nombre de jeunes chercheurs d’Europe du Sud, du Maghreb ou du Proche-Orient.


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