Dossier : Faillite de l'UMP : Le prix de la politique spectacle

Égypte-Tunisie : destins croisés

La Tunisie risque-t-elle de connaître le même sort que l’Égypte ?

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


La Tunisie risque-t-elle de connaître le même sort que l’Égypte ? Apparemment, les islamistes d’Ennahda, qui dominent le gouvernement et l’Assemblée à Tunis, se montrent plus habiles que leurs frères égyptiens. Ils ont assoupli leur position au cours du débat sur la nouvelle Constitution. Et ils ont fini, après bien des atermoiements, par affronter les groupes salafistes qui provoquaient des violences dans l’espace public. À l’inverse, les Frères musulmans égyptiens n’ont cessé depuis l’élection de Mohamed Morsi, il y a un an, de se replier sur leur base sociale et de concentrer les pouvoirs. Ils ont probablement été naïfs aussi face à des actions de sabotage économique destinées à rendre encore plus impopulaire leur politique. Les coupures d’électricité à répétition notamment.

Il n’empêche : la destitution par l’armée du Président élu relève bien, et sans équivoque possible, d’un coup d’État militaire. Les généraux ont su s’appuyer sur un mécontentement massif et bien réel. Mais il n’en reste pas moins vrai que les événements du 5 juillet, parfaitement mis en scène place Tahrir, avec ballets d’hélicoptères et feux d’artifice, constituent un recul du processus démocratique. En rejetant les Frères musulmans hors du champ politique, les militaires, qui gèrent avant tout leurs privilèges, ont créé les conditions d’une guerre civile. Le massacre de 51 manifestants, lundi matin, et l’appel du Parti de la justice et de la liberté, vitrine politique des Frères musulmans, au « soulèvement du grand peuple d’Égypte » constituent une dramatique surenchère. Seul signe positif : l’annonce par le Président par intérim, Adly Mansour, que des élections auraient lieu début 2014. Les conditions seront-elles réunies ?


Haut de page

Voir aussi

Articles récents