Cinéma : Ne m’oublie pas

Un film sur la douleur de voir sombrer peu à peu une personne aimée.

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David Sieveking, jeune réalisateur allemand, a décidé de filmer sa mère, Gretel, gagnée par la maladie d’Alzheimer. Gretel habite avec son mari, Malte, qui lui apporte tous les soins au quotidien. Réaliser un tel film est évidemment un pari : il fallait à David Sieveking trouver la bonne distance – d’autant plus difficile à jauger que le réalisateur est souvent dans le cadre, près de sa mère. Il l’a trouvée notamment en retraçant l’histoire du couple formé par ses parents, qu’il ignorait totalement. Un couple d’intellectuels, dont la jeunesse fut marquée par les années de radicalisation politique (la décennie 1960-1970), et vivant leurs aventures extraconjugales au grand jour. D’une certaine manière, ces épisodes du passé évoqués mettent en perspective les rapports que son mari, son fils ou les autres personnes qui l’entourent entretiennent avec Gretel et qui sont surtout gouvernés par l’amour. Cependant, on ne cachera pas que voir un tel film peut aussi être une épreuve. Car malgré l’optimisme dont on peut faire preuve et la nécessité de représenter dans un documentaire cette maladie trop fréquente, Ne m’oublie pas est aussi un film sur la douleur de voir sombrer peu à peu une personne aimée.


Ne m’oublie pas , David Sieveking, 1 h 28.

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