Une caméra pour explorer notre temps
La Cathode, association de cinéma social en Seine-Saint-Denis, peine à poursuivre sa mission. Rencontre.
dans l’hebdo N° 1267 Acheter ce numéro
ÀSaint-Denis (93), le vendredi, c’est jour de marché. Le quartier de la basilique prend des airs de ville du Sud. Les étals s’étendent bien au-delà du marché couvert. La foule zigzague entre ces immeubles des années 1970 évoquant des alvéoles de béton gonflé, séparés par des ruelles internes. « Tous les visiteurs se perdent », avait prévenu Gabriel Gonnet, président de la Cathode. Ses locaux, au 6, rue Édouard-Vaillant, sont pourtant à cinq minutes du métro, entre Carrefour et la nouvelle ligne de tram. La porte en bas est ouverte. Les boîtes aux lettres un peu décaties indiquent : une antenne de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), un réseau de soutien scolaire, une unité éducative de jour et la Cathode, donc, au deuxième. Cette association de « communication sociale », créée en 1985 pour susciter du lien en utilisant les techniques de l’audiovisuel et du cinéma, a emménagé ici en 2005 quand elle a lancé Regards2banlieue. Un chantier d’insertion qui a déjà formé 80 personnes aux techniques de journaliste reporter d’image (JRI).
Les locaux s’étirent sur plusieurs salles en enfilade. « Mon bureau, montre Gabriel Gonnet en nous accueillant, chemisette à carreaux sur pantalon noir, le