Aux Antilles, les pêcheurs, dernières victimes du chlordécone
Après avoir restreint l’activité de cultivateurs et d’éleveurs, de nouveaux arrêtés bannissent la pêche sur de vastes bandes côtières, contaminées par le chlordécone. Des centaines d’artisans sont touchés.
dans l’hebdo N° 1275 Acheter ce numéro

Un camionneur klaxonne bruyamment pour saluer des copains pêcheurs qui tiennent étal au bord de la nationale 1, dans la cuvette du petit port de Bananier. L’artère qui relie les villes de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre est la plus passante de Guadeloupe, où une partie du commerce du poisson se tient quotidiennement sur ses bas-côtés. À 11 h, il ne reste à Luc Bergopson qu’un platine et quelques petites carangues. Pêche modeste, ce matin. À deux cent mètres, Rémy Borgia exhibe un poisson-lion devant des incrédules. L’espèce, très invasive et fortement prédatrice, s’impose localement depuis deux ans environ, préjudice pour les pêcheurs qui constatent une diminution de leurs prises. Cependant, l’inquiétude des équipages est bien ailleurs : en raison de la contamination de nombreuses espèces par le chlordécone, très puissant pesticide utilisé pendant des décennies sur les bananiers, un arrêté préfectoral du 26 juin dernier interdit toute pêche à moins d’un
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