Dossier : Le temps des démagogues

Le temps des démagogues

Sur la justice, l’insécurité, les Roms, le travail du dimanche, les syndicats, la fiscalité… Dans tous ces domaines, leurs discours bravaches jouent de la grosse caisse, rendant tout autre discours inaudible.

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La télé les adore. Leurs avis tranchés font le délice des talk-shows et l’audience des médias qui leur ouvrent l’antenne. Non contents d’y avoir détrôné les analystes, ils se répandent sur les réseaux sociaux. Les démagogues tiennent le haut du pavé. Derrière Marine Le Pen, qui, en digne héritière du plus connu de nos démagogues, porte haut la flamme de la démagogie, ils sont nombreux à rivaliser de supposé « bon sens ». Les uns après les autres, et parfois de concert, ils imposent leurs idées courtes dans le débat public. Sur la justice, l’insécurité, les Roms, le travail du dimanche, les syndicats, la fiscalité… Dans tous ces domaines, leurs discours bravaches jouent de la grosse caisse, rendant tout autre discours inaudible. Comme Éric Doligé, ce sénateur UMP qui avouait récemment son « instinct meurtrier » face à « Hollande et sa bande », le démagogue s’adresse aux pulsions et épouse sans retenue ce qu’il pense être les souhaits d’un public particulier, sans souci de l’intérêt général.
« Si tout homme politique peut être démagogue de temps en temps, le démagogue, lui, l’est continûment », notait le journaliste Jean-Luc Porquet dans le Petit Démagogue, un essai paru en 2006. Nuançons à notre tour : point n’est besoin, à l’heure de la course généralisée à l’audimat, d’être un homme politique pour être démagogue.

De son observation de quelques démagogues, notre confrère listait neuf caractéristiques communes : le démagogue a un bagout d’enfer, travaille à fond sa com’, avance à coup de scandales, reste insensible aux faits, simplifie à mort, attise les peurs, aime l’ordre et la saine punition, promet la Lune et se prend pour le sauveur. À les laisser prospérer, la démocratie pourrait bien sombrer.


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