Les anti-stade de Lyon s’accrochent à leur butte

Les « zadistes » expulsés il y a un mois des terrains visés par les travaux d’aménagement du stade OL Land, en banlieue lyonnaise, se sont réinstallés. Ils comparaissent lundi au tribunal.

Erwan Manac'h  • 4 octobre 2013
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Les anti-stade de Lyon s’accrochent à leur butte
© Photo : E.M / [Capture d'écran](http://decinestaresistance.weebly.com/photos.html) (en Une)

Une mini-poche de résistance s’accroche à la butte de Bièzin , à Décines (Rhône). Un mois après l’expulsion de la petite « zone à défendre » (ZAD) où vivaient une vingtaine d’opposants au grand stade de Lyon, une partie du campement a été réinvestie. 


« On est encore une dizaine à habiter dans les bois. Un vigile d’une entreprise privée, payée par la mairie, monte nous voir deux fois par jour. Il signale toute nouvelle construction », raconte Éléonore depuis la « ZAD ».


Quatre occupants doivent comparaître lundi 7 octobre devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils font l’objet d’une assignation en référé d’expulsion (procédure d’urgence) produite le 26 septembre par dix propriétaires de terrains, dont la Ville.

Mensonge?

Autour de cette mini « ZAD », les travaux d’aménagement du futur grand stade avancent. Et si les terrains occupés ne sont pas sur l’emprise du chantier, l’assignation en référé fait valoir qu’ « ils doivent prochainement accueillir des travaux publics, conduits par le Grand Lyon, pour réaliser des voiries permettant de desservir l’enceinte » du stade. Le chantier doit débuter début 2014, ajoute le maire socialiste de Décines, Jérôme Sturla.

Pour certains propriétaires plaignants, cette affaire n’a pourtant « aucun rapport avec le stade de Lyon »  :

« Ces terrains sont situés en zone verte. Ils sont inconstructibles pour bien longtemps et nous ne sommes victimes d’aucune procédure d’expulsion », précise un propriétaire joint vendredi par téléphone, qui indique que les actions en justice ont été menées pour lui par la municipalité.

Sur la commune de Décines, le grand stade de l'Olympique lyonnais va donner lieu à d'importants travaux de voirie. - Capture d'écran.

Les opposants visés par le référé dénoncent donc un mensonge de la mairie, qui, de son côté, assume sa volonté de faire expulser ces terrains privés. « Nous prenons nos dispositions pour que l’occupation illégale prenne fin, une route va être construite à proximité des terrains occupés » , s’agace Jérôme Sturla, contacté ce vendredi.

« C’est une opération politicienne de la part du maire. Ces terrains sont très éloignés des travaux » , rétorque Étienne Tête, avocat des opposants au stade et ancien adjoint EELV à la mairie de Lyon. Quant au référé d’expulsion, il devrait vraisemblablement être renvoyé lundi, car l’aide juridictionnelle n’a jusqu’alors pas pu être accordée à ses clients.

«Impossible à surveiller»

Après un an et demi d’occupation sans remous et cinq jours d’hystérie anti-Roms, la vingtaine d’opposants au grand stade de Lyon ont été expulsés une première fois le 3 septembre de la butte de Biézin. L’arrivée sur leur campement de trois familles roms avait déclenché le courroux des riverains et des autorités.

Lire > À Décines, les opposants au stade accueillent des Roms et soulèvent l’hystérie des riverains

Après leur expulsion, ils se sont réunis sur une place publique de Décines, alors qu’un « zadiste » restait perché dans un arbre sur la zone. Ils n’ont eu aucun mal à reprendre position sur les hauteurs quelques jours plus tard. « C’est une butte de plusieurs dizaines d’hectares, c’est impossible à surveiller » , raconte Éléonore.

Avec les riverains, le face à face s’est aussi détendu. « Ça se passe beaucoup mieux depuis qu’il n’y a plus de Roms avec nous » , s’attriste Éléonore.

Une «première pierre» en octobre

L’opposition au stade est toujours aussi nourrie, alors que le terrassement est terminé et que les grues sont censées faire leur apparition à la fin du mois d’octobre. Une « première pierre symbolique » est aussi annoncée pour le 15 octobre. Et le bétonneur Vinci a jusqu’à début 2016 pour livrer le produit fini.

« C’est une hérésie de croire que le stade sera prêt pour l’Euro 2016 ! , clame toutefois Étienne Tête. La bataille juridique est loin d’être terminée, il y a encore beaucoup de recours. Le permis de construire n’est pas validé, nous sommes au Conseil d’État et nous irons si besoin devant la Cour européenne des droits de l’homme. »

L’élu pointe aussi la vente de terrains bordant le futur stade, que l’OL a obtenue à des prix très avantageux de la part du Grand Lyon. Cela permettrait au club de se financer en revendant ces parcelles à prix d’or une fois le stade sorti de terre. « C’est une aide économique indirecte et c’est illégal. La Commission européenne a été saisie » , explique Étienne Tête.

En attendant ces nombreuses décisions de justice, le bras de fer se joue actuellement autour de la construction de nouvelles voies d’accès routier. Entre 300 et 600 personnes selon les sources manifestaient le 23 septembre, et un nouveau rassemblement est prévu mardi 8 octobre.

En soutien aux « zadistes » menacés d’expulsion, un rendez-vous a été fixé lundi à midi pour un pique-nique festif avant l’audience devant le juge des référés.


  • Ajout, lundi 7 octobre à 17 h :  L’audience a finalement été reportée au vendredi 11 octobre à 14h.

  • Notre reportage dans la «ZAD», quelques heures avant leur expulsion du 3 septembre

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Lyon – Stade des lumières – Info-Stades.fr par info-stades

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