Bû, le silo de la colère

Dans ce petit village du nord de la Beauce, la maire a imposé la construction d’une grosse unité de stockage de grains sans la moindre concertation. La contestation prend de l’ampleur.

Patrick Piro  • 28 novembre 2013 abonné·es

«Alors, vous êtes allé voir le massacre ? » François Fleurisson, langage franc, emprunte tous les jours la D115, qui le conduit au gymnase intercommunal de Bû, dont il est le gardien. À la fin de l’été, il est intrigué par un manège de pelleteuses qui ralentit notablement la circulation. Un panneau annonce un silo de stockage pour le compte d’Interface céréales. Superficie : 1 697 mètres carrés, hauteur : 37,5 mètres (autant que le clocher de l’église). Et le bâtiment sera habillé d’un bardage rouge, lit François Fleurisson dans le dossier qu’il s’est empressé d’aller consulter avant « d’engueuler » Évelyne Lefevbre, la maire de Bû : élu de la commune, il n’avait jamais entendu parler du projet, dont le permis de construire a été délivré le 22 août et présenté seulement la semaine suivante au conseil

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Écologie
Temps de lecture : 9 minutes