Dossier : Impôts : ne dites pas « révolution », dites « remise à plat »

Ne dites pas « révolution », dites « remise à plat »

Au-delà du coup politique face au malaise fiscal des Français, le chef du gouvernement a fait naître l’espoir d’une véritable réforme de l’impôt pour en corriger les nombreuses injustices.

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Après avoir annoncé une « remise à plat » de la fiscalité, Jean-Marc Ayrault a lancé cette semaine la première étape de consultations avec les organisations syndicales et patronales, les présidents de groupes parlementaires et les rapporteurs généraux du budget du Sénat et de l’Assemblée nationale. Au-delà du coup politique face au malaise fiscal des Français, aux destructions massives d’emplois qui se poursuivent, à la baisse du pouvoir d’achat et aux perspectives d’une croissance médiocre, le chef du gouvernement a fait naître l’espoir d’une véritable réforme de l’impôt pour en corriger les nombreuses injustices. Or, depuis que les socialistes sont au pouvoir, aucun rééquilibrage de fond n’a été engagé. À Matignon, le message est clair : il n’y aura pas de « grand soir » fiscal et pas de changement de ligne économique. La mise à plat se fera « à prélèvements obligatoires constants », sans mise en cause des hausses de la TVA. Et le gouvernement « prendra le temps nécessaire, c’est-à-dire le temps du quinquennat », assure François Hollande. « Ça commence sérieusement à sentir l’embrouille », a réagi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui veut lancer des « états généraux de la justice fiscale ». Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, qui organise dimanche « une marche pour la révolution fiscale », veut bien « faire l’effort de prendre au sérieux » la remise à plat fiscale de Jean-Marc Ayrault, mais avertit que, si c’est « un tour de passe-passe », il « lui en cuira ». Le risque est qu’on aille de nouveau vers quelques mesures écrites sous la dictée du Medef, craint une partie de la gauche. Ce qui aurait pour conséquence d’accentuer le recul préoccupant du consentement à l’impôt, ciment de la solidarité de notre société.


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