Une question de vie ou de mort

Un drôle de film fantastique réalisé à des fins de propagande.

Politis  • 12 décembre 2013
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Comme 49e Parallèle, récemment réédité en DVD (voir Politis n° 1277), Une question de vie ou de mort, des mêmes Michael Powell à la mise en scène et Emeric Pressburger au scénario, réalisé en 1945, est un film de propagande lié à la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait, en l’occurrence, d’aplanir les ressentiments entre Anglais et Américains. Pour ce faire, les deux cinéastes britanniques ont imaginé une histoire à leur mesure, pleine de fantaisie et même de merveilleux. Un aviateur anglais (David Niven) sur le point de se crasher en mer passe un dernier appel radio. Une opératrice américaine (Kim Hunter) lui répond, et les deux tombent amoureux avant que l’aviateur ne disparaisse. Mais, à cause du fog anglais, l’envoyé spécial de l’au-delà venu le chercher manque l’aviateur, qui survit et retrouve la belle opératrice. Un procès sera établi dans les cieux pour savoir si l’amour de l’aviateur est sérieux – auquel cas il pourra rester sur Terre – ou non. Une question de vie ou de mort ne réussit pas aussi bien que 49e Parallèle à marier le discours nécessaire à la propagande, un peu trop explicite ici, et l’imaginaire que le film développe. Il n’empêche. Le spectateur est conquis par le contraste entre le noir et blanc rigoriste de l’au-delà (pas souriant) et la couleur, toujours sensuelle chez Powell et Pressburger, ici restaurée. On appréciera aussi les interférences entre la science (sérieuse) et les prodiges célestes (pas toujours sûrs), qui font d’ Une question de vie ou de mort un drôle de film fantastique.

**Une question de vie ou de mort** , Michael Powell et Emeric Pressburger, 1 h 44.
Cinéma
Temps de lecture : 1 minute
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