En Guadeloupe, les fils d’esclaves luttent pour la terre

À Daubin, des paysans exigent la propriété de terres cultivées par leurs familles depuis plus d’un siècle dans des conditions léonines au profit de grands exploitants, qu’ils dénoncent comme illégitimes.

Patrick Piro  • 9 janvier 2014 abonné·es

«Vous avez vu nos barrières ? » La camionnette de Gabriel Timim stoppe devant des champs de canne à sucre qui moutonnent jusqu’à proximité du rivage de la mer des Caraïbes. Sur quelques mètres, une clôture légère en interdit l’accès de manière symbolique. Elle a été érigée par une trentaine de paysans de Daubin, un des secteurs de la commune de Sainte-Rose, située à la pointe nord de Grande-Terre en Guadeloupe. À plusieurs reprises ces derniers mois, ils ont hissé le drapeau rouge, « en rappel de la lutte des anciens et du sang versé ». Descendants d’esclaves, ils revendiquent la possession de 2000 hectares de terre, exploitées par leurs familles parfois depuis plus d’un siècle, et dont Hubert de Jaham, gérant de la Compagnie agricole du comté de Lohéac et issu d’une famille de békés martiniquaise [^2], se dit légitime propriétaire. « Daubin cé tan nou ! » Directe, sèche, l’affirmation peinte sur un petit panneau de bois ficelé au tronc d’un cocotier sonne comme une colère enfin libérée :

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Temps de lecture : 6 minutes

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