Maylis de Kerangal : « Le roman, c’est le réel filtré par la langue »

Depuis sa sortie il y a deux mois, Réparer les vivants connaît un succès critique autant que public. L’auteure revient ici sur l’accueil de son livre par les lecteurs et sur ses choix d’écriture.

Christophe Kantcheff  • 20 mars 2014 abonné·es
Maylis de Kerangal : « Le roman, c’est le réel filtré par la langue »
© (1) (2)

Les critiques, les libraires, les lecteurs… L’enthousiasme a été unanime pour Réparer les vivants, sorti en janvier, et qui, depuis, n’a plus quitté le haut des meilleures ventes[[Le livre vient d’obtenir le prix « Roman des étudiants » France Culture/Télérama.]]. On ne saurait trop s’en réjouir, car l’événement est rare quand le roman en question atteint une puissance d’émotion qui ne le doit qu’à son exigence littéraire (voir Politis du 16 janvier). Alors que s’ouvre le Salon du livre à Paris, nous avons voulu revenir avec son auteure, Maylis de Kerangal, sur ce splendide roman, sur son succès, sur ses options esthétiques…

Depuis la sortie du livre, avez-vous fait beaucoup de rencontres avec vos lecteurs ?

Maylis de Kerangal   : Oui. Le temps de l’écriture de ce livre a été très solitaire. Mais ensuite, au moment de sa publication, le travail prend une dimension collective. Quand les épreuves circulent et que les libraires réagissent, on établit un programme d’interventions. J’aime accompagner ce livre, d’autant qu’en ce moment la librairie traverse une période difficile : c’est aussi une forme de soutien de ma part, en cohérence avec l’engagement des éditions Verticales en faveur de la librairie.

Actuellement, hors les week-ends, j’ai à peu près une rencontre par jour. C’est un moment de parole publique sur le livre auquel je ­réfléchis ­beaucoup. C’est un ­travail d’éclaircissement pour moi-même. La façon dont le livre est questionné par les lecteurs, qui sont autant des grands lecteurs que des gens qui lisent très peu, me déplace. Mais, bien sûr, ces rencontres doivent trouver un terme dans le temps, car cette exposition pourrait finir par user quelque chose en moi.

Avez-vous, grâce à ces rencontres, une explication sur le succès

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Littérature
Temps de lecture : 9 minutes