Ile-de-France : seulement 122 villes « zéro pesticide »

Natureparif publie un état des pratiques des collectivités franciliennes en matière d’utilisation des produits phytosanitaires. Seules 9,5 % d’entre elles n’utilisent plus de pesticides sur leur territoire.

Thierry Brun  • 4 avril 2014
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Ile-de-France : seulement 122 villes « zéro pesticide »
© Crédit photo: J-C.&D. PRATT / PHOTONONSTOP

Les pratiques des collectivités franciliennes en matière d’utilisation des produits phytosanitaires sont inquiétantes, selon le bilan publié le 4 avril par Natureparif, agence régionale pour la nature et la biodiversité.

Au 1er mars 2014, l’outil cartographique « zéro pesticide » de Natureparif dénombre que, sur les 1 281 collectivités que compte l’Ile-de-France, seules 9,5 % d’entre elles, soit 122 communes (dont nous publions la liste ci-dessous), n’utilisent plus de pesticides sur le territoire dont elles ont la gestion.

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L’objectif « zéro pesticide », développé depuis 2011 par Natureparif, consiste à valoriser les communes, les intercommunalités et les départements qui se sont engagées dans une démarche d’arrêt total ou partiel de l’usage des pesticides sur les espaces dont ils ont la responsabilité directe ou indirecte.

Illustration - Ile-de-France : seulement 122 villes « zéro pesticide »

Pour Liliane Pays, présidente de Natureparif, « ce chiffre reste très faible et préoccupant, alors même que la réglementation française rend quasiment impossible l’usage des produits phytosanitaires sur la voie publique » . L’agence régionale francilienne indique que «  la réglementation actuelle contraint en effet déjà fortement l’utilisation des pesticides en zones non agricoles, en interdisant l’usage de la plupart de ces produits dangereux à proximité des établissements scolaires ou de santé et en obligeant à des mesures drastiques d’information et d’éviction du public des zones traitées » .

Pourtant, rien que sur les cimetières et la voirie, « plus de la moitié des collectivités franciliennes utilisent encore des produits chimiques. Or, une voirie traitée au désherbant génère une pollution de l’eau immédiate par ruissellement dès la première pluie. De plus, ces produits très volatiles contaminent aussi l’air des villes » .

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L’agence précise que l’impact sanitaire est avéré pour les agents des collectivités et les usagers exposés à ces produits. « C’est même le premier risque professionnel recensé par la Mutuelle nationale territoriale (MNT) dans une étude réalisée en 2012, devant les troubles musculo-squelettiques. Les conséquences sont non seulement sanitaires mais aussi économiques puisque le coût de la dépollution de l’eau potable pour en supprimer les résidus de pesticides est estimé jusqu’à 360 millions d’euros par an en France » .

Liliane Pays souligne que « nous sommes donc en présence d’un double enjeu majeur, en termes de santé publique et de protection de l’environnement, comme l’ont montré les récentes publications de l’Agence régionale pour la nature et la biodiversité » .

Écologie
Temps de lecture : 3 minutes
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