Dossier : L'aveuglement

Trois pistes pour changer de cap

Que serait ce changement de cap auquel se refuse obstinément François Hollande ?

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Ce serait quoi, un « changement de cap » ? Ce changement de cap auquel se refuse obstinément François Hollande, et auquel Manuel Valls est peu enclin, c’est le moins qu’on puisse dire ! Eh bien, ce pourrait être tout simplement ceci : tracer enfin les contours précis d’un véritable programme de transition énergétique, assorti d’un calendrier, une réflexion sur la réduction du temps de travail et un début de réforme fiscale. Comme on le voit, il ne s’agit pas de couper une seconde fois la tête de Louis Capet… Pas vraiment une révolution puisqu’une mesure, au moins, figurait dans le programme de François Hollande : la transition énergétique. Une autre – la réforme fiscale – a déjà été agitée en période de gros temps par Jean-Marc Ayrault, mais n’a rien été d’autre pour l’instant qu’un hochet – ou un « effet d’annonce » pour Premier ministre en quête de points dans les sondages. La troisième, enfin, renvoie à toute l’histoire de la gauche. Cette gauche qui, depuis le XIXe siècle, s’est toujours battue pour la réduction du temps de travail et qui a curieusement abandonné cette revendication au moment où la technologie rend possibles les plus spectaculaires gains de productivité.

Chacun l’aura compris, nous n’avons pas voulu ici égrener un catalogue. Mais nos trois pistes ne sont pas anodines. Car toutes sont emblématiques d’une gauche moderne : l’écologie, la justice fiscale, le rapport au travail – et donc aux loisirs. Deux au moins sont créatrices d’emplois, tout en remettant en cause le dogme de la croissance. Mais toutes ces propositions auraient l’inconvénient de déplaire fortement aux commissaires européens, gardiens du temple libéral. D’où la recommandation préalable de l’économiste Philippe Légé, qui appelle le président de la République à revoir certains engagements européens de la France. Cela aussi était une promesse de campagne du candidat Hollande…


Haut de page

Voir aussi

Le goût subtil de la gentrification

Société
par ,

 lire   partager

Articles récents