Dossier : Cancers des agriculteurs : la fin d'un tabou

Cancers des agriculteurs, la fin d’un tabou

Ces dix dernières années, les troubles de santé d’une cinquantaine d’agriculteurs ont été reconnus comme maladies professionnelles liées à une exposition à des pesticides, essentiellement des cancers et la maladie de Parkinson.

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On aimerait penser que leur mode de vie les protège. Mais les agriculteurs sont les premières victimes des produits toxiques qu’ils utilisent. Ces dix dernières années, les troubles de santé d’une cinquantaine d’entre eux ont été reconnus comme maladies professionnelles liées à une exposition à des pesticides, essentiellement des cancers et la maladie de Parkinson. Ils sont soutenus par des associations de lutte sanitaire contre les pesticides, tandis que le modèle agricole dominant reste celui d’une agriculture intensive avec des objectifs de rendement plutôt que de respect de l’environnement et des populations. Les mutuelles agricoles commencent cependant à prendre la mesure du problème et les pouvoirs publics embraient doucement. Des politiques de réduction de l’usage des pesticides voient le jour, notamment depuis le Grenelle de l’environnement et le lancement du plan Ecophyto en 2008. Certains agriculteurs, tels une quinzaine de vignerons installés sur la côte Vermeille, n’ont pas attendu pour adopter des alternatives aux intrants chimiques (voir notre reportage), tandis qu’un éleveur de brebis à la retraite témoigne ici de son expérience et fait le point sur l’évolution des pratiques. Si les molécules les plus dangereuses utilisées dans les années 1970 ont été retirées du marché, la France reste le premier utilisateur de pesticides en Europe. Les conséquences de ces pratiques agricoles ne touchent pas que les agriculteurs, mais aussi leurs proches, particulièrement les enfants, explique Charles Sultan, professeur en endocrinologie pédiatrique, spécialiste des effets des pesticides sur le corps humain : « Qu’attend-on pour agir ? »


Photo : Ana/AFP

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