La coupe amère des producteurs de vin bio
Sur la côte Vermeille, une quinzaine de vignerons tentent de promouvoir les alternatives aux intrants. Pas facile…
dans l’hebdo N° 1303 Acheter ce numéro

Dans une oliveraie, en face de la vinaigrerie La Guinelle. Valérie Reig est arrivée à 8 heures ce matin pour une journée de « test » avec ses six brebis. « En fin d’après-midi, elles commencent à attaquer les arbres », glisse-t-elle au téléphone à son compagnon, Hervé Levano, avec qui elle tient le domaine de la Casa-Blanca à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Une fiche de protocole à la main, elle explique que l’opération fait partie du projet d’agroécologie qu’ils ont monté à quelques agriculteurs. L’objectif est de « mettre en place un nouveau système de production plus respectueux des enjeux environnementaux et améliorant la performance économique des exploitations agricoles », en combinant élevage et productions végétales et techniques « permettant une réduction significative des intrants et un impact positif sur la qualité des eaux ». « On s’entraide », résume-t-elle. Autour des oliviers de son collègue, les bêtes désherbent, réduisant ainsi le risque d’incendie, très important dans la région.
Familières comme des chiens, les brebis viennent se frotter aux jambes des visiteurs. Les vignes bordant la route qui monte de Cosprons sont baignées d’un soleil de printemps déclinant. Le discours à la fois radical et bienveillant, Valérie Reig campe une sorte d’image d’Épinal de la viticultrice bio (même si 3 hectares sur 7 de son exploitation ne sont pas encore en bio). Les « conventionnels » disent qu’elle est une « originale ». Elle est née à Banyuls, ce qui lui autorise certaines audaces et explique certaines indulgences. « Il ne faut pas leur jeter la pierre, plaide-t-elle : les pesticides, les vignerons sont nés dedans. S’en passer réclame une conversion
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