Intermittents : les mobilisations se multiplient contre l'agrément de l'accord du 22 mars

Festivals, spectacles et organismes professionnels sont de plus en plus nombreux à rejoindre la mobilisation des intermittents contre l'accord du 22 mars, qui pourrait être agréé en fin de semaine prochaine.

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François Rebsamen l'a déclaré à l'Assemblée nationale : il est bien décidé à agréer l'accord signé le 22 mars à l'Unedic concernant l'Assurance chômage des intermittents du spectacle et des intérimaires (annexes 8, 10 et 4).

Cet agrément devrait intervenir à la fin du mois, après le prochain Conseil National de l’Emploi qui doit se réunir le 18 juin.

Les intermittents et ceux qui les soutiennent, dont une centaine de parlementaires, des sénateurs et des élus, reprochent à cet accord de précariser encore davantage les professionnels du spectacle : hausse des cotisations, différé d'indemnisation, manque de prise en compte des heures d'intervention artistique...

C'est donc la semaine de la dernière chance pour les intermittents qui, de petits festivals en gros événements, multiplient les grèves, les occupations, les annulations de spectacles.

Les Eurockéennes de Belfort , festival qui revendique une «culture militante», a emboité le pas au Printemps des comédiens en grève à Montpellier depuis le 3 juin.

« Les Eurockéennes de Belfort, qui se tiendront du 4 au 6 juillet prochain avec le concours de 230 salariés intermittents, «soutiennent les intermittents du spectacle», ont indiqué les organisateurs dans un communiqué, estimant que "leurs revendications doivent incessamment être prises en compte", dans l'intérêt d'une "culture ambitieuse". »

Une vingtaine de festivals de musiques actuelles - dont les Vieilles Charrues, Garorock, Marsatac... - qui emploient 5 000 intermittents, réclament la suspension de la réforme.

Le SPI (producteurs audiovisuels) et le Prodiss (producteurs privés de spectacles de musiques actuelles) se sont prononcés pour un «moratoire» jusqu’au 1er septembre.

Le festival d'Avignon , dont la première édition présidée par Olivier Py doit se tenir du 5 au 27 juillet, menace de faire grève à son tour. Les personnels du «in» ont publié un communiqué le 10 juin exigeant le non agrément de l'accord.

«Si l'État devait agréer l'accord du 22 mars, nous nous réservons
la possibilité d'appliquer notre droit de grève dès le 4 juillet et le
gouvernement en assumera les conséquences. Nous appelons toutes les personnes qui se sentent concernées, directement ou indirectement, par cette menace à nous rejoindre dans notre lutte et signifier leur mécontentement au gouvernement.»

Et Olivier Py a déclaré sur Europe 1 :

« Si cet accord est signé, il y aura grève et probablement annulation. Il n’y a absolument aucun doute là-dessus

Il est également signataire d'une lettre envoyée à Manuel Valls par des directeurs de lieux culturels, de festivals et de compagnies membres du Syndeac.

Ce vendredi 13 juin, plusieurs Directions Régionales de Ministère du travail sont occupées par le mouvement unitaire (CGT, CIP, Sud…) : à Aubervilliers (Paris Ile de France), Montpellier, Lyon, Toulouse, Lille…

«Si l'accord UNEDIC du 22 mars, contre lequel nous nous battons, est agréé, les agents de ces services devront faire face, dans leur mission concrète et quotidienne, aux conséquences dramatiques de cet accord : précarisation de l'emploi, travail dissimulé, dégradation des conditions de travail, etc. Tout cela alors que ces services sont déjà débordés, fragilisés par les restructurations constantes et n'ont pas les moyens réels pour mettre en œuvre les prétendues politiques d'Etat contre la précarité.
»
explique un communiqué des InterLuttants 59-62, à Lille.

Ce vendredi également, les conseillers régionaux socialistes et républicains d'Ile-de-France se déclarent «favorables à une réouverture des négociations sur le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle» .

La CGT spectacle et la Coordination des intermittents et précaires tiennent à jour la liste des grévistes et annulations de spectacles.

Plusieurs rassemblements sont prévus à Paris :

-Lundi 16 juin à 14h30, place du Palais Royal avant une assemblée générale unitaire à 18H30 sous le péristyle de la Villette.
-Mercredi 18 juin à 9H00, au 10/18 Place des Cinq Martyrs du Lycée Buffon dans le 15ème, où doit se réunir le Conseil National de l’Emploi.

À suivre dans Politis : un entretien avec Frédéric Hocquard, conseiller de Paris et ancien conseiller national à la culture du PS, sur le «mauvais signe» que le gouvernement Hollande est en train d'envoyer au monde de la culture.


Photo: CITIZENSIDE/JEAN-MICHEL CEAS / CITIZENSIDE.COM

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