Le « réel subjectif » de la Révolution culturelle

Comment Yukong déplaça les montagnes , série de douze documentaires réalisés par Joris Ivens et Marceline Loridan, sort en DVD.
Un impressionnant tableau de la Chine entre 1972 et 1973.

Jean-Claude Renard  • 12 juin 2014 abonné·es
Le « réel subjectif » de la Révolution culturelle
© **Comment Yukong déplaça les montagnes** , Coffret 5 DVD, 12 films, 13 heures, Arte éditions. Photo : DR

Ici, une caserne, où les officiers et les soldats partagent les repas, où les seconds critiquent la gestion des premiers, cultivant aussi la terre, participant aux travaux des paysans. Là, près de Shanghai, une usine de générateurs, fourmilière de 8 000 ouvriers fabriquant du matériel électrique, en quête de productivité. Là encore, l’art traditionnel chinois qui se perpétue, l’entraînement au cirque de Pékin ou une répétition à l’Opéra. Ici, une promenade dans la cité de Shanghai ou une incursion entre les murs d’une pharmacie, réceptacle de tous les discours. Là, le quotidien d’une ouvrière mariée à un officier, responsable syndicale dans une usine de locomotives. Là enfin, un village de pêcheurs, des hommes à l’œuvre, mais aussi des femmes, cédant à l’évocation de leur condition féminine. Tournés en 1972 et 1973, ces douze films sont rassemblés sous le titre Comment Yukong déplaça les montagnes, dessinant le tableau d’une Chine sous différentes facettes, déjà en marche vers son futur. Peu ou pas de commentaires pour accompagner l’image, sinon pour situer le contexte et des témoignages personnels, parfois collectifs, alternant avec la grandeur des paysages. Derrière la caméra, justement, un homme, Joris Ivens (1898-1989), considéré dès les années 1930 comme l’un des plus importants documentaristes. Une constance chez ce cinéaste influencé par Eisenstein et Flaherty, la

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Cinéma
Temps de lecture : 8 minutes